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Jean-Paul L'Allier, «un homme remarquable»

Stéphanie Martin | Agence QMI

L'ancien maire de Québec Jean-Paul L’Allier aura droit à des funérailles civiques, a annoncé mardi matin le maire de Québec, Régis Labeaume. «Merci, monsieur le maire L’Allier», a-t-il glissé en refoulant ses larmes.

«Jean-Paul L’Allier était un homme remarquable. Remarquable surtout et aussi courageux. Courageux dans l’action et aussi dans ses opinions. Il a été un grand maire de Québec et nous lui devons beaucoup.»

Le maire Régis Labeaume a interrompu ses vacances pour saluer l’homme politique qui est décédé dans la nuit de lundi à mardi. M. Labeaume était visiblement ému. Devant les journalistes, il a marqué une longue pause avant de remercier son prédécesseur pour sa contribution. «Merci monsieur le maire L’Allier», a-t-il lancé dans un sanglot.

«C’est une nouvelle qui nous bouleverse et nous attriste profondément», a-t-il exprimé, offrant ses plus sincères condoléances à la famille de l’ex-maire.

Même si les deux hommes n’étaient pas de grands amis, Régis Labeaume a reconnu la contribution significative de Jean-Paul L’Allier à l’émancipation de Québec, avec la renaissance du quartier Saint-Roch et à l’amélioration de la démocratie municipale.

Mais pour Régis Labeaume «son œuvre la plus importante» a été les fusions municipales qui ont permis à Québec de grandir. «Cette ville ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans le courage et le leadership dont il a fait preuve dans le processus qui a mené aux fusions. Grâce à Jean-Paul L’Allier, cette ville a pris son élan, a découvert sa force depuis qu’elle est devenue la grande ville.»

L’ancien homme politique aura droit à des funérailles civiques. M. Labeaume s’est entretenu à deux reprises avec la veuve de M. L’Allier, Johanne Mongeau, qui a accepté l’honneur.

Habituellement, lors de funérailles civiques pour un ex-maire, on organise une chapelle ardente à l’hôtel de ville de Québec et les funérailles se tiennent à la basilique-cathédrale Notre-Dame, juste en face. Mais avant de dévoiler les détails dans le cas de M. L’Allier, l’hôtel de ville doit encore discuter de plusieurs points avec la famille. «Les détails de ces funérailles seront rendus publics dans les prochaines heures.»

Quant aux autres hommages à venir, ils ne sont pas encore arrêtés. «Nous ferons ce qu’il faut. Il sera honoré comme il le mérite. N’ayez aucune crainte», a soutenu Régis Labeaume.

Poids politique

«Il a donné à cette ville-là par les fusions son poids politique et sa force financière», a indiqué M. Labeaume quand on lui a demandé ce qui l’a inspiré du règne de Jean-Paul L’Allier, même s’il a été beaucoup critiqué - «outrageusement, je le pense» - et que les dernières années de sa mairie n’ont pas été faciles. «Il a été l'initiateur des fusions municipales au Québec.»

Il lui a fallu beaucoup de courage, croit M. Labeaume, autant qu'il en a eu quand il a voté oui au référendum de 1995, rompant ainsi avec son ancienne famille politique libérale. «Fallait le faire. Mais ça a dû faire mal. Ça a dû être extrêmement vicieux. Il a dû vivre des moments très difficiles. Mais il avait le courage de ses opinions.»

Le maire avait revu M. L’Allier il y a trois ou quatre semaines dans un restaurant et les deux hommes avaient blagué. Quand il avait décidé de concourir pour le leadership du parti RMQ à l’époque, il lui avait donné quelques conseils d’un vieux combattant chinois, s’est remémoré Régis Labeaume. «On avait bien rigolé. C’était un gars tellement intelligent et avec un humour décapant.»

«Ça fait trois maires de Québec qu’on perd en neuf ans, l’air de rien. Il nous reste cette force de la nature qu’est le maire Lamontagne qui a 96 ans. Mais on commence à se sentir seul.»

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