/news/society

Dans les couloirs de la violence amoureuse

Josée Cloutier | TVA Nouvelles

La violence conjugale n'est pas qu'une affaire d'adulte. Tout le mois de janvier, des élèves de 4e secondaire de la région Haute-Yamaska seront invités à emprunter les couloirs de la violence amoureuse: un parcours multimédia qui vise à prévenir et diminuer les cas de violence conjugale dès l'adolescence.

Le labyrinthe mobile a été aménagé dans les locaux du centre Jean-Paul Regimbal de Granby.

«Une vingtaine d'organismes ont délégué des intervenants pour venir animer le parcours. Ce que l'on souhaite c'est que les élèves repartent et qu'ils en parlent entre eux, qu'ils aillent chercher le soutien dont ils ont besoin. On ne veut pas que ce soit un sujet tabou!», explique la directrice générale de la maison Alice-Desmarais, Carmen Paquin.

Les jeunes de 15 et 16 ans, au début d'une relation de couple, ne sont pas à l'abri de la violence conjugale, qu'ils soient hétérosexuels ou homosexuels. Le projet est né au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2008. Depuis l'unité mobile se déplace de milieu en milieu.

Le cycle de la violence s'installe doucement et, à chaque étape du parcours, les élèves sont sensibilisés aux différentes émotions qui s'y rattachent.

Habillée «trop sexy»

«Mon chum n'aime pas attendre. Il trouve que je m'habille trop sexy. Il me dit qu'il m'aime plus que je l'aime ».

Des écrits dans un journal intime, des messages laissés sur un répondeur, messages textes, simulations, l'élève est plongé dans un univers qui lui ressemble. «J'ai tellement trouvé cela réel ! J'avais l'impression d'être à la place de la victime !», nous ont confié Catherine Daoust et Marianne Laplante. Manque de respect, isolement, tristesse, colère, autant de thèmes portent à réflexion.

«Les jeunes doivent savoir reconnaître les signes. Ils ont le droit d'avoir des amis, des activités. Quand on a un comportement violent dans une relation amoureuse, ce n'est pas une perte de contrôle, c'est une prise de contrôle!», a expliqué aux jeunes l'intervenante Janie Lussier, de la Maison Alice-Desmarais.

Et pour bien mesurer la gravité des gestes posés, un policier fera même la mise en scène d'une arrestation. Qu'il s’agisse d'identifier les signes précurseurs ou de guider les jeunes victimes ou agresseurs vers les ressources d'aide, l'objectif est d'amener ces jeunes à avoir des relations amoureuses saines.