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Kerry critique la stratégie de la Chine à l'égard de son allié nord-coréen

Agence France-Presse

Le secrétaire d'État américain John Kerry a critiqué jeudi la stratégie de la Chine à l'égard de son allié nord-coréen en réclamant, en substance, plus de pression de Pékin sur Pyongyang après son nouvel essai nucléaire du 6 janvier.

«La Chine a adopté une approche particulière qu'elle a voulu mettre en oeuvre et nous étions d'accord», a expliqué John Kerry devant la presse au département d'État, dressant un tour d'horizon des crises internationales en 2015 et qui devraient encore dominer cette année.

Les États-Unis, comme le reste du monde, ont été pris par surprise par l'essai atomique auquel a procédé la Corée du Nord mercredi, son quatrième depuis 2006. Pyongyang a affirmé qu'il s'agissait d'un test d'une bombe à hydrogène, ce que la Maison-Blanche a mis en doute.

John Kerry a multiplié depuis les consultations téléphoniques avec ses homologues japonais, sud-coréen et, jeudi, avec le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi.

«Lors de ma conversation aujourd'hui avec (le ministre) chinois, j'ai dit très clairement que (cette approche) n'avait pas fonctionné et que nous ne pouvions pas continuer comme si de rien n'était», a critiqué l'Américain.

«Les Chinois ont une influence que personne d'autre n'a», a expliqué ensuite un diplomate américain.

L'essai atomique nord-coréen a replacé la Chine au premier plan, mais les espoirs sont faibles de voir le seul allié de Pyongyang jouer la carte de la pression tant est grande sa hantise d'un effondrement de son incontrôlable voisin.

À coup sûr furieuse, Pékin n'en a pas moins réagi en reprenant la même phraséologie que pour les trois essais précédents: «ferme opposition» et «exhortation» à revenir à la table des Négociations à Six (les deux Corées, le Japon, la Russie, les États-Unis et la Chine) interrompues depuis 2008.

Pékin devrait aussi se joindre à de nouvelles sanctions dont le principe a été acté mercredi par le Conseil de sécurité de l'ONU.

MM. Kerry et Wang «sont convenus que les États-Unis et la Chine continueront de se coordonner étroitement au sein du Conseil de sécurité de l'ONU et dans le cadre des Négociations à Six pour agir comme il se doit», selon le compte-rendu du département d'État.

L'approche de l'administration de Barack Obama à l'égard de la Corée du Nord -- sanctions et invitation à reprendre les pourparlers -- a également été vivement critiquée par l'opposition républicaine et des spécialistes de la non-prolifération.

 

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