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Connu de la police, le suspect avait prêté allégeance au chef de l'EI

Agence France-Presse

L'homme abattu jeudi devant un commissariat parisien avait sur lui un papier mentionnant, en arabe, son «allégeance» au chef du groupe État islamique et justifiant son acte par une vengeance contre les «attaques en Syrie», a-t-on appris de source proche de l'enquête.

Avant que ne soit révélée cette déclaration d'allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, le procureur de Paris avait indiqué que sur ce papier figuraient un drapeau de l'EI et «une revendication manuscrite non équivoque en langue arabe».

Le suspect éTait connu de la police pour vol en 2013. Une source proche de l'enquête rapporte même que l'assaillant avait prêté allégeance au chef de Daech, Abou Omar al-Baghdadi.

L'attaque, qui rappelle à la France la permanence de la menace qui pèse sur elle, est survenue quelques minutes après un discours du président François Hollande demandant aux services de sécurité de mieux coopérer face au risque terroriste.

L'assaillant, non identifié, «porteur d'une arme blanche» et d'un «dispositif explosif fictif, s'est présenté devant le commissariat (...), a exhibé son arme et crié "Allah Akbar" avant d'être abattu par les policiers en faction», a précisé le procureur de Paris, François Molins.

Ont été découverts sur lui un téléphone portable et «un papier sur lequel figurent le drapeau de Daech (acronyme arabe de l'État islamique) et une revendication manuscrite non équivoque en langue arabe», a-t-il ajouté dans un communiqué, précisant que le Parquet antiterroriste de Paris a été saisi.

Le corps de l'homme, vêtu d'un jean et d'une parka sombre, a été filmé par des chaînes de télévision, gisant sur le dos les bras en croix sur le trottoir devant le commissariat du quartier populaire et multiethnique de la Goutte d'Or, dans le nord de la capitale.

Reka Polonyi, une professeure d'université de 30 ans, a raconté à l'AFP avoir vu deux policiers «crier sur un homme qui avançait très vite vers eux». «Comme il continuait à avancer, les policiers ont tiré sur lui alors qu'il n'était peut-être plus qu'à 2 ou 3 mètres. Puis l'homme est tombé».

Après les coups de feu, tout est allé très vite : «Les gens se sont mis à courir dans tous les sens», selon Shany Hasraf, employé d'un magasin proche.

Le quartier de la Goutte d'Or a été vite bouclé par des policiers fortement armés. Dans un premier temps, ils ont ordonné aux passants de se réfugier dans les magasins et les rideaux de fer ont été baissés. Les élèves de deux écoles dans la rue ont été confinés dans leurs établissements.

Le commissariat visé se trouve dans le 18e arrondissement, qui avait été mentionné, avec le quartier d'affaires de La Défense (ouest de Paris), comme une cible potentielle des jihadistes ayant commis les attentats du 13 novembre, les pires jamais survenus (130 morts) en France, et qui ont été revendiqués par le groupe EI.

Neuf assaillants sont morts dans les attaques et deux autres hommes, suspectés d'être impliqués dans les attaques, sont toujours recherchés par les polices européennes.

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