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L'exposition à la violence durant l’enfance joue un rôle déterminant

Agence QMI

Les individus victimes ou témoins de violence durant l’enfance sont plus susceptibles d’adopter des comportements antisociaux à l’adolescence et à l’âge adulte, une tendance qui pourrait également être accentuée par des différences génétiques, selon une étude montréalaise.

Des chercheurs de l’Institut universitaire en santé mentale et de l’Université de Montréal ont découvert que l’exposition à la violence dans l’enfance est associée à une augmentation des troubles de conduite à l’adolescence et à une personnalité antisociale à l’âge adulte. Elle augmente aussi les risques de manifester des comportements d’agression dans les relations intimes.

L’équipe de scientifiques a aussi constaté qu’un gène— le MAOA — impliqué dans la régulation des émotions et du comportement, pourrait exacerber cette tendance. La MAOA est un enzyme qui dégrade certains neurotransmetteurs dont le déséquilibre dans certaines zones du cerveau joue un rôle important dans la régulation des émotions.

Les chercheurs ont constaté que les hommes porteurs d’une mutation du gène MAOA sont, en moyenne, plus à risque de manifester des comportements antisociaux.

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont analysé les résultats d’une étude menée sur 327 jeunes hommes vivant au Québec, dont certains ont été exposés à de la violence au cours de leur enfance. Cette cohorte de participants a été suivie pendant plus de 15 ans.

«Le défi est maintenant de chercher à mieux comprendre les mécanismes par lesquels la vulnérabilité et la résilience persistent chez des personnes exposées à des contextes de vie adverses. Une partie de cette réponse se trouve dans l’interaction constante entre l’individu et son environnement, incluant notre bagage génétique», a souligné la chercheuse Isabelle Ouellet-Morin.