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Terrorisme en Afrique: «un triangle infernal », selon Jean-Louis Roy

Agence QMI

Le terrorisme se développe en un «triangle infernal» en Afrique, et la communauté internationale - y compris le Canada - doit contribuer à contrer ce phénomène, estime l’ancien Secrétaire général de la Francophonie, Jean-Louis Roy.

Dans la foulée des attentats djihadistes de vendredi au Burkina Faso qui ont fait 29 morts, dont six Québécois, M. Roy a affirmé en entrevue à TVA Nouvelles dimanche que la menace terroriste touche désormais une quinzaine de pays en Afrique - près de la moitié du continent. Devant cette progression inquiétante, les Nations unies, tout comme le Canada, doivent agir, dit-il.

«Ce qui arrive au Burkina Faso en ce moment - et j’espère qu’à Ottawa on prend le message très clairement - arrive dans toute l’Afrique de l’Ouest en ce moment», a déclaré l’historien, précisant que les pays voisins comme le Niger, le Mali et la Côte d’Ivoire n'ont pas échappé aux violences djihadistes.

«On descend du nord au sud jusqu’au Nigéria, et ensuite on va vers l’est, c’est le Cameroun, c’est le Tchad, la Centrafrique, le Sud-Soudan: c’est une espèce de triangle infernal qui est en train de se créer et il faut l’arrêter, il faut que les Nations unies interviennent», a lancé M. Roy, qui espère également que le Canada apportera un «appui solide» au Burkina Faso.

Buffet d’armements

Jean-Louis Roy croit que l’expansion du terrorisme en Afrique de l'Ouest est directement liée à la chute de Mouammar Kadhafi, en 2011, en Libye, qui a favorisé la formation, dans le désert du Sahel, de groupes comme celui de Mokhtar Belmokhtar qui aurait commis l’attentat de Ouagadougou. M. Roy décrit d’ailleurs le Sahel comme «une mer de sable considérable avec des gens qui ont eu accès à l’armement le plus moderne, tout ce que Kadhafi avait».

«Quand on a renversé Kadhafi en Libye en octobre 2011, on n’a pas pensé à la suite, c’est-à-dire au chaos en Libye, à l’émergence de groupes comme ceux du Sahel qui sont allés se servir généreusement à ce buffet d’armements», a-t-il affirmé.

Histoire d’amitié avec le Québec

L’historien qui a été à la tête de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie de 1990 à 1998 affirme qu'il y a des liens privilégiés entre le Burkina Faso et le Québec. En Afrique, c’est dans ce pays où on retrouve le plus d’ONG québécoises, dit-il.

«Il y avait une innocence, dans nos rapports avec le Burkina Faso. C’était un pays sécuritaire, où il n’y avait jamais vraiment eu de problème, a expliqué M. Roy qui y est allé 25 fois. Cette innocence-là va certainement être perdue.»

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