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Palmarès des carrières 2016

Des milliers d’emplois payants, taux de placement de 100 %

Denise Proulx | Argent

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Les étudiants au DEP en préparation et finition de béton à l'École des Métiers de la Construction de Montréal

Michel Desbiens/Agence QMI

Les étudiants au DEP en préparation et finition de béton à l'École des Métiers de la Construction de Montréal

Plus de 725 000 emplois professionnels et techniques seront à pourvoir d’ici 2017 au Québec.

Les emplois qui exigent une formation professionnelle ou technique tiennent le haut du pavé de la dernière édition du Palmarès des carrières 2016 que vient de publier Septembre Éditeur.

Il s'agit de la 12e édition du Palmarès de carrières, une sorte de bible des métiers et des professions les plus prometteurs au Québec et dans chacune des régions de la province.

Qui ne rêve pas d’un emploi bien payé, assuré à 100 % dès la sortie de la formation ? Il en existe plusieurs, et souvent dans des secteurs qui sortent de l’ordinaire.

C’est le cas des métiers de calorifugeage, chaudronnerie, techniques de prothèses dentaires et techniques de recherche sociale, qui ont procuré du travail aux étudiants finissants dans les jours suivants l’obtention de leur diplôme, certains même avant la fin de leurs études.

Les besoins sont criants dans de nombreux secteurs et le milieu de la formation œuvre de concert avec le marché du travail pour tenter de combler les manques d’employés, lesquels sont nécessaires au maintien de la rentabilité et de la croissance des PME québécoises.

Des emplois garantis

En 2022, les emplois de niveau technique, dont la plupart demandent une formation technique collégiale ou une formation professionnelle du secondaire, occuperont 32 % de l’emploi total.

Ce même niveau technique, avec un taux de croissance de 0,8 % par an, générera 99 000 nouveaux emplois. De ce nombre, quelque 14 000 postes (14 %), seront attribués à des métiers demandant normalement une formation professionnelle du secondaire.

«Nous avons construit notre palmarès en nous basant sur cinq critères, soit l’insertion sur le marché du travail à la suite de la formation, les perspectives de demandes des employeurs dans le secteur d’ici cinq ans, le potentiel de mobilité géographique avec un tel diplôme, la diversité des milieux et des pratiques disponibles ainsi que la valeur ajoutée qu’offre la carrière choisie», explique le fondateur et PDG de Septembre Éditeur, Martin Rochette.

Produit depuis 12 ans, ce palmarès contient une foule d’informations pour accompagner les étudiants et leurs parents dans un choix de carrière.

«Nos recherches ont démontré qu’actuellement 75 métiers offrent d’excellentes perspectives d’emplois et un taux de placement supérieur à 85 % pour les formations collégiales et de 86,9 % pour les finissants de niveau professionnel. On a un devoir de faire connaître cette offre de formation aux jeunes pour leur montrer qu’ils peuvent se construire un bel avenir dans ces métiers», ajoute M. Rochette.

Des stages qui font la différence

Plusieurs institutions d’enseignement développent des programmes particuliers, à partir de la connaissance des besoins des employeurs.

Par exemple, au Cégep Édouard-Montpetit, à Longueuil, le seul à enseigner au Québec le programme de techniques dentaires, les étudiants peuvent se rendre en France, lors de leur dernier stage, pour assister à une formation de prothèses dentaires enseignée par une école réputée.

«Nous avons vu que cette occasion de faire un stage en France devenait un attrait pour les étudiants. Dès la première année, c’est une source de motivation pour plusieurs d’entre eux», explique la coordonnatrice du programme, Émilie Brulé.

«Au cours des dernières années, le gouvernement a investi énormément en formation professionnelle et technique. Autant les commissions scolaires que les cégeps sont équipés à la fine pointe de la technologie. Les étudiants détiennent des diplômés de qualité, de plus en plus faciles à être utilisés dans toutes les provinces du Canada et en France», complète Martin Rochette.

Avis de recherche: les emplois en forte demande

Conducteur de grue (DEP)

Chaudronnerie (DEP)

Boucher (DEP)

Conduite de machines de traitement du minerai (DEP)

Électromécanicien (DEP)

Technicien en avionique, en construction aéronautique, maintenance d’aéronefs (DEC)

Inspecteur municipal (DEC)

Technicien en génie chimique (DEC)

Officier mécanicien de marine (DEC)

Technicien de laboratoire médical (DEC)

Le meilleur ratio emploi/salaire après le diplôme

Secteur professionnel

Mécanicien en engin de chantier: 83,6 % des finissants à l’emploi, salaire de base 48 000 $ par an

Secrétaire médicale: 86,9 % ; 33 000 $

Assistant technique en pharmacie: 83,6 % ; 30 000 $

Secteur collégial

Technicien de laboratoire médical: 87,7 % ; 39 500 $

Adjoint à la direction (bureautique): 80 % : 32 000 $

Éducateur en service de garde: 80 % ; 32 000 $

Trois questions à Martin Rochette, PDG fondateur de Septembre Éditeur

Pourquoi les métiers professionnels qualifiés sont-ils boudés par les jeunes ?

«Ils ne connaissent pas l’immense potentiel d’employabilité ni l’accessibilité aux divers programmes de formation au secondaire ou au cégep. Puis, il existe toujours des préjugés face à certains métiers. Trop de gens font encore l’amalgame entre métier professionnel et décrochage scolaire, en croyant à tort que c’est la seule voie qui reste. Il faut se défaire de ces idées qui n’ont pas leur raison d’être.»

Est-ce que les choix sont faits en fonction du salaire offert ?

«Les jeunes ignorent aussi qu’il se paie d’excellents salaires dans les métiers professionnels et techniques. Sur les 132 programmes de formation présentés par les institutions scolaires, 103 offrent un taux de placement supérieur à 85 %. Plus les travailleurs sont en demande, plus les salaires sont intéressants. Par exemple, on a vu des grutiers toucher 1 900 $ par semaine, des chaudronniers 1 600 $ par semaine et des mécaniciens de moteur diesel encaisser 1 000 $ par semaine.»

Que recommandez-vous pour attirer davantage de jeunes vers les métiers professionnels ?

«Il faut s’occuper beaucoup plus tôt de la formation professionnelle des jeunes. Les quatre commissions scolaires de l’Outaouais dispensent des cours dès le secondaire 1. Ça fait en sorte d’intéresser une partie de la clientèle, de la motiver à apprendre déjà un métier au lieu d’attendre qu’ils atteignent le secondaire 3 ou 4. Ils ont plus de temps pour découvrir les métiers et le marché du travail, et ça leur ouvre des portes pour faire des stages. Les jeunes sont moins laissés à eux-mêmes, il y a moins d’abandons scolaires.»