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L’industrie du taxi continue de prôner des moyens plus drastiques

Caroline Lévesque | Agence QMI

Manifestation de chauffeurs de taxis.

MAXIME DELAND | AGENCE QMI

Les saisies de véhicules ne suffisent pas, selon certains de leurs représentants, à dissuader les personnes travaillant pour cette industrie.

«Ceux qui n’ont pas la formation, ne payent pas de permis ni d’assurances, devraient être arrêtés», a laissé savoir Guy Chevrette, porte-parole de la Coalition Taxi, après une rencontre tenue à huis clos, le 21 janvier, entre le maire de Montréal, Denis Coderre, le président du conseil d’administration du Bureau du taxi, Aref Salem, et les représentants de l’industrie du taxi.

«Même s’il y a des saisies d’automobile, personne n’est pénalisé, car UberX paye tout, a ajouté M. Chevrette. Nous, on est pénalisés quotidiennement par le nombre de courses qui nous sont volées.»

«Est-ce qu’on n’a pas les moyens d’arrêter cette application et en finir là? a questionné Driss Bouamira, président de Coop Montréal. On remorque les voitures, mais le lendemain, la même personne récidive avec une voiture louée pour continuer son service.»

Résistance

Des moyens de pression seraient envisagés prochainement par les chauffeurs de taxi. Pour Denis Coderre, l’idée déjà évoquée de bloquer des ponts et de manifester est«inacceptable».

«Je n’accepterai pas qu’on embarque là-dedans et mette en otage une population qu’on essaie de servir, a dit M. Coderre. Ils font une erreur.»

Le Bureau du taxi de Montréal (BTM) s’attend également à ce que la résistance se poursuive, toujours relativement à l’implantation de la Politique sur l’industrie du taxi.

«C’est un changement de culture et de pratiques dans l’industrie, alors on va vivre avec celle-ci», a indiqué Marie-Hélène Giguère, porte-parole du BTM.

Code vestimentaire

Driss Bouamira ne voit pas de problème dans l’adoption du code vestimentaire imposé par le BTM. Selon lui, c’est la couleur blanche obligatoire de la chemise qui dérange, car elle tache beaucoup plus facilement.

«On travaille 12 heures par jour, a-t-il ajouté. Il suffit d’une tache de café et le client va me juger. En plus des climatiseurs, avec l’huile qui entre dans l’air, ça colle sur les vêtements. Ce n’est pas bien choisi.»

Selon un chauffeur de Taxi Hochelaga, qui préfère taire son nom, cet uniforme est digne d’un système totalitaire.

«Je ne suis pas un prisonnier, a-t-il plaidé. Le Bureau du taxi, c’est la police de la Ville de Montréal.»

Saisies en 2015

Au total, du 1er janvier au 31 décembre 2015, les inspecteurs du BTM ont émis 641 constats pour transport illégal et effectué 585 saisies de véhicules pour cette même infraction. Cette année, les inspecteurs ont à ce jour procédé à 60 saisies, dont une quarantaine seulement pendant la seule fin de semaine du 16 et 17 janvier.

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