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Moins de droits pour les patients atteints de troubles mentaux?

Les proches du jeune homme souffrant de troubles psychiatriques qui a été accusé du meurtre de sa colocataire, à Granby, il y a 10 jours soutiennent que le système lui a fait défaut.

«On voyait qu'il était en psychose, raconte Alexandre Trépanier, un voisin. On a fait venir les policiers, les ambulanciers. Il est rentré à l'hôpital. Mais, le lendemain matin, le psychiatre a dit: "Ah, il est en état pour rentrer."»

Des psychiatres auraient expliqué que la loi ne leur permettait pas de garder le patient plus de 24 heures contre son gré, mais Jean-Pierre Ménard, un avocat spécialisé dans le droit des patients, n’est pas de cet avis.

«À Granby, ce n'est pas la loi qui est en cause, d'aucune façon, explique Me Ménard. Ce qu'il faut regarder, c'est quelle sorte d'évaluation on a fait. A-t-on pris le temps de bien l'évaluer? L'a-t-on évalué comme il faut?»

«C'est inacceptable pour moi sur le plan éthique de regarder une personne en détresse et de la laisser devant rien!» renchérit Jean-Nicolas Ouellet, du Regroupement des ressources alternatives en santé mentale.

Selon les groupes en santé mentale, la loi devrait être renforcée, plutôt que d’être affaiblie parce que les droits des patients sont trop souvent bafoués.

«Ça prend quatre minutes à un juge pour considérer que je suis dangereuse ou pas, et pour m'enlever ou pas ma liberté», indique Doris Provencher, de l’Association des groupes d’intervention en santé mentale.

«Quand on a désinstitutionnalisé, on a promis aux gens qu'on ne les mettait pas à la rue, on les mettait dans la société, dans la communauté, qu'ils y trouveraient leur place, qu'ils y trouveraient de l'aide, ajoute Jean-Nicolas Ouellet. On leur a menti! Et la seule chose que l'on trouve, c'est de réenfermer les personnes.»

L’un des principaux problèmes est l'accès aux services et aux ressources qui sont presque inexistants dans certaines régions. Les compressions actuelles auraient aussi un impact.

«L'insuffisance et l'inadéquation des ressources dans la communauté causent un préjudice énorme à la société, augmentent la gravité des drames humains, augmentent la détresse, augmentent la maladie, augmentent la solitude des familles», renchérit Me Ménard.

La santé mentale est le parent pauvre du réseau, avec moins de 7% du budget de la santé. On sait pourtant qu'une personne sur cinq souffrira de troubles de santé mentale dans sa vie.

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