/news/currentevents

Disparition de Jade Maréchal

Des éléments «typiques du recrutement des gangs»

TVA Nouvelles

Bien que peu d'informations aient filtrées jusqu'à maintenant, la bien connue sociologue et criminologue Maria Mourani estime que le contexte entourant la disparition de la jeune Jade Maréchal comporte «certains éléments vraiment typiques du recrutement, de la façon de faire des gangs».

En entrevue à Mario Dumont au lendemain du dénouement de cette disparition grandement médiatisée, Mme Mourani a expliqué comment les gangs de rue s'y prennent afin de recruter de jeunes filles, mais aussi à détruire certains stéréotypes qui y sont reliés.

«Il faut s'enlever de la tête que ce sont seulement des filles de ghetto, des filles en fugue ou des filles qui arrivent des régions qui se retrouvent au métro Berri et qui sont un peu perdues... Ça touche toutes les jeunes filles.»

«Dans ma pratique, je rencontre des pères et des mères de classe moyenne, bons parents dont les enfants sont bien éduqués qui se retrouvent avec leur fille autour de 15-16 ans qui change de fréquentations. Elle rencontre un chum, découvre d'autres amis qui sont peu fréquentables et elle en vient à créer un autre réseau. Malheureusement, parfois, c'est un réseau directement lié à des gars de gang ou c'est un réseau qui fricote avec des gars de gang», affirme Mme Mourani.

Chose certaine, la criminologue est formelle, le processus se fait souvent de façon sournoise.

«Les filles pensent qu'elles s'en vont dans un party! Pas qu'elles vont se faire recruter par des gars de gang. Ils débarquent dans les partys et là c'est l'alcool, la drogue... Après, ils les attirent dans leur coin, que ce soit un motel ou chez eux et là ça monte d'un degré. Ils commencent à faire des partouses pour essayer de désinhiber la personne. Ils vont les droguer pour ensuite les envoyer dans d'autres provinces parce que, quand ce sont des mineures, elles sont recherchées par la police», explique-t-elle.

Lorsque Jade Maréchal a été retrouvée, hier après-midi, son père a écrit un message sur sa page Facebook expliquant que sa fille avait été retrouvée dans un motel, droguée, en compagnie de trois autres filles visiblement en attente d'être envoyées dans une autre province.

Même si Maria Mourani affirme ne pas avoir assez d'information concernant ce cas particulier, elle explique que ce qui attend ces jeunes filles mineures est souvent «l'horreur».

«Ils vont la droguer et l'envoyer ailleurs, parfois même aux États-Unis. La personne va d'abord subir un dressage. Elle va être droguée, puis violée à répétition et elle va servir pour la prostitution. Ils vont la menacer, ils vont la battre... C'est abominable!»

Comme piste de solution, Mme Mourani recommande aux parents de ne pas vivre dans le déni et d'aborder le sujet avec leurs enfants.

«La plupart des parents que je rencontre ont toujours cette idée imaginaire de croire que ça ne peut pas arriver à leurs enfants. Moi je leur dis: Vos filles, il faut leur parler de sexualité, mais il faut aussi leur parler de gangs de rue.»

 

Consultez le dossier complet «Jeunes filles disparues» ICI

 

Dans la même catégorie