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La crise a été surestimée à Montréal

Améli Pineda | Agence QMI

TVA Nouvelles

Deux mois après l’embauche d’un consultant à 1800 $ par jour, un bilan rendu public lundi matin par la Ville de Montréal révèle que la crise liée à l’accueil des réfugiés syriens a été surestimée à Montréal.

Selon ce bilan, Montréal est loin d’avoir fait face à l’arrivée massive anticipée de réfugiés.

En novembre dernier, Montréal s’attendait à recevoir 4300 réfugiés pris en charge par l’État avant la fin 2015.

Dix-neuf réfugiés

En date d’aujourd’hui, 1462 réfugiés sont arrivés à Montréal. De ce nombre, seulement 19 sont pris en charge par l’État.

«Dans les faits, les arrivées massives ne se sont pas produites et les cibles d’accueil ont changé à quelques reprises», a expliqué le maire de Montréal, Denis Coderre.

Il estime toutefois que l’embauche de Michel Dorais, ce consultant payé 1800 $ pour coordonner l’opération, était nécessaire.

«Ces nouveaux arrivants vont arriver pareil. Ça nous laisse tout simplement plus de temps pour être mieux préparé pour les recevoir», a-t-il fait valoir.

Le mandat confié à M. Dorais aura permis d’avoir un état de la situation et de se préparer à accompagner les nouveaux arrivants en matière de logement, d’éducation et de sécurité.

D’ici le 5 février, 3000 autres réfugiés devraient arriver dans la métropole. On ignore toutefois combien de ceux-ci seront pris en charge par l’État.

Cibles confuses

La complexité de l’accueil aux réfugiés a été soulevée à plusieurs reprises dans ce premier bilan de l’administration.

Deux mois après le début de l’opération, Montréal dit n’avoir aucune indication du nombre précis de réfugiés qu’elle recevra.

La Ville dit également ignorer la composition des ménages qui arrivent et l’endroit où les réfugiés parrainés s’établissent.

«C’est normal qu’en situation de crise on soit en quelque sorte à la merci de ce qui se passe là-bas. Il y a des gens qui veulent venir et on travaille tous en collaboration», a indiqué le maire Coderre.

En date du 21 janvier, 12 729 réfugiés sont arrivés au Canada, 5623 demandes étaient traitées et 14 828 demandes sont en cours de traitement.

Bureau d’intégration

Puisque la crise envisagée «ne s’est pas matérialisée», la Ville indique qu’elle ne peut maintenir ce niveau d’alerte à moyen terme.

Inspiré par la ville de Toronto, Montréal mettra sur pied un Bureau d’intégration des nouveaux arrivants qui s’assurera de poursuivre la coordination de l’accueil non seulement aux réfugiés syriens, mais à tout autre immigrant.

Le contrat de 110 000 $ de M. Dorais, qui se termine le 19 février prochain, ne sera donc pas reconduit.

Gaspillage dénoncé

Pour l’opposition officielle, l’embauche de M. Dorais s’avère un gaspillage de fonds publics.

«Sa seule réalisation tangible aura été de suggérer une nouvelle structure. Contrairement à Toronto, Montréal a très peu de pouvoirs en matière d’immigration. Ce nouveau bureau sera assurément une coquille vide», a déploré Laurence Lavigne-Lalonde, conseillère de Projet Montréal.