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Pas de vaccin contre le virus Zika avant des années

Agence France-Presse

La production d'un vaccin contre le virus Zika pourrait prendre des années, a estimé jeudi un haut responsable sanitaire américain alors que se renforcent les craintes de voir cette infection, transmise par des moustiques et soupçonnée de provoquer des malformations congénitales, se propage rapidement.

«Il n'y aura probablement pas de vaccin sûr et efficace contre le virus Zika avant plusieurs années», a estimé le directeur de l'Institut américain des allergies et maladies infectieuses (NIAID), le Dr Anthony Fauci, tout en jugeant prometteuses les approches de recherche.

Un essai clinique de phase 1 pour déterminer l'innocuité du vaccin pourrait toutefois avoir lieu avant la fin de 2016, a-t-il précisé lors d'une conférence de presse téléphonique.

Le patron du NIAID a expliqué que les chercheurs travaillaient déjà à mettre au point des vaccins contre les virus de la dengue et du Nil occidental qui appartiennent à la même famille que le Zika, les Flavivirus, et que leurs travaux étaient déjà bien avancés.

Le NIAID a adopté deux approches pour mettre au point un vaccin anti-Zika, selon le Dr Fauci. La première est basée sur l'ADN, une stratégie similaire à celle suivie contre le virus du Nil occidental dont un essai clinique de phase 1 a montré que le vaccin était sûr et efficace. La deuxième approche consiste à utiliser un virus affaibli pour provoquer une réaction immunitaire, ce qui a été probant contre le virus de la dengue.

Zika est le dernier virus transmis par des moustiques à avoir émergé ces vingt dernières années au sein de cette famille des Flavivirus qui compte également le chikungunya.

«Il est quasiment certain que d'autres de ces agents pathogènes vont apparaître et nous avons de ce fait besoin d'une plateforme vaccinale pouvant être modifiée rapidement pour produire un vaccin contre la prochaine menace sanitaire, tout comme il faut développer de nouveaux antiviraux efficaces contre toute cette famille de virus», a relevé le directeur du NIAID.

Outre les travaux sur un vaccin, les chercheurs américains vont concentrer leurs efforts sur d'autres fronts comme le développement d'outils diagnostics et d'un modèle animal pour comprendre les effets du virus sur l'organisme, surtout des femmes enceintes.

Les tests de dépistage du Zika devront pouvoir rapidement indiquer, non seulement si une infection est en cours, mais également s'il y a eu une infection par le passé, ce qui sera «essentiel pour rassurer les femmes qui attendent un enfant vivant dans les pays où ce virus est endémique, ou celles ayant voyagé dans ces régions», a fait valoir le Dr Fauci.

Il a aussi dit que les États-Unis n'avaient pas prévu jusqu'à maintenant de bugbet consacré spécifiquement à la recherche sur le virus Zika.

«C'est un nouveau virus et avant aujourd'hui nous n'avons rien dépensé sur ce pathogène. Mais nous disposons de ressources substantielles allouées à la recherche sur les virus flavivirus d'un montant d'environ 97 millions de dollars», a précisé le Dr Fauci assurant que les travaux sur le Zika seront financés dans ce cadre pour le moment.

Il a ajouté que les Instituts nationaux de la santé (NIH) étaient en communication permanente avec les autorités gouvernementales et leurs partenaires dans les Universités et le secteur privé aux États-Unis comme à l'étranger, notamment au Brésil et plusieurs autres pays d'Amérique du Sud.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé jeudi une réunion d'urgence le 1er février sur le virus Zika, qui se propage «de manière explosive» sur le continent américain, avec 3 à 4 millions de cas attendus cette année.

Aucun cas d'infection directe n'a encore été enregistré aux États-Unis où 31 personnes ont été infectées en voyageant dans des pays où le virus est actif, selon les CDC.

Selon une récente étude publiée dans la revue médicale britannique Lancet, le virus Zika pourrait se propager sur une partie des États-Unis pendant les mois chauds, englobant une zone où vivent 200 millions d'Américains.

Il n'existe aucun antiviral contre ce virus, mais seulement des traitements des symptômes (fièvre, maux de tête, courbatures, éruptions cutanées) qui parfois passent inaperçus et sont généralement bénins.

Bénigne en apparence, l'infection est soupçonnée de provoquer de graves malformations congénitales cérébrales du fœtus chez les femmes enceintes infectées, dont notamment la microcéphalie, un développement insuffisant de la boite crânienne.

Le lien direct entre cette infection et ces malformations du fœtus n'a pas été établi. Cependant, il y a eu 3 893 cas de microcéphalie enregistrés au Brésil depuis octobre, où la fièvre Zika est endémique, comparativement à une moyenne annuelle de seulement 160 cas dans ce pays.

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