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Doit-on craindre le virus Zika?

TVA Nouvelles

Depuis quelques semaines, le nouveau virus Zika, présent dans une vingtaine de régions en Amérique, inquiète les agences de santé mondiales et occupe une place importante dans l’actualité. Le Québec doit-il craindre d’être touché? La Dre Yen Bui de l’Institut national de la Santé publique du Québec répond à nos questions.

Q : Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a dit que la présence du virus Zika était inévitable au Québec. Vous êtes du même avis?

Dr Bui : «Oui, je suis d’accord avec le ministre. Vu le grand nombre de voyageurs québécois qui se rendent dans les pays touchés par le virus Zika, on doit s’attendre à avoir des cas au Québec éventuellement.»

Q : Comment les femmes enceintes ou qui prévoient l’être peuvent-elles s’en protéger?

«Ce qui préoccupe avec le virus Zika, c’est un lien possible entre les cas de microcéphalie qui ont été recensés au Brésil, donc des bébés qui naissent avec des petites têtes. Ça peut entraîner un retard de développement du cerveau

«Pour les femmes enceintes ou qui prévoit l’être et qui veulent voyager dans un pays touché par le virus, il est conseillé qu’elles consultent leur médecin ou à tout le moins qu’elles en parlent avec un professionnel de la santé dans une clinique santé-voyage pour avoir les informations sur les symptômes et le lien possible avec les cas de microcéphalie. Elles peuvent aussi envisager sérieusement de retarder leur voyage par mesure de prudence. »

Q : Si le virus faisait son arrivée au Québec, comment les femmes enceintes peuvent-elles se protéger?

«Les espèces de moustiques qui transmettent le virus sont très présentes dans les régions tropicales et subtropicales, mais pas au Québec ni au Canada, heureusement. D’ailleurs ont est protégés un peu par nos hivers qui sont très froids. Ils ne survivent pas.»

Q : Si un voyageur ramenait, par inadvertance, une espèce de moustique porteuse du virus Zika, serait-ce un danger pour la santé publique?

«C’est quelque chose qui devra être étudié par des spécialistes en entomologie, pour voir si l’installation du moustique par ce biais est possible au Québec. Mais à ce jour, on n’a pas d’évidence que ces moustiques sont présents au Québec ou au Canada.

«Même si un voyageur revenait ici et développait des symptômes de la maladie après son retour, il ne pourra pas transmettre le virus Zika à une autre personne par un moustique infecté. Il n’y a pas de transmission directe de personne à personne.»

Q : Est-ce qu’il y a un plan de match de la Santé publique pour faire face à l’éventuelle arrivée du virus au Québec?

«Le réseau de la Santé publique est en état d’alerte face à ce virus émergent. Le ministère de la Santé aussi. S’il y avait un cas confirmé de virus Zika au Québec, le ministère de la Santé informerait la population et les médias.

«Sur le site du ministère de la Santé, il y a une page sur le virus Zika, avec les liens vers la liste des pays touchés, les symptômes, comment le virus se transmet, comment on peut s’en protéger, etc. L’Institut de Santé publique a aussi une page semblable sur son site internet.»

Q : Est-ce qu’un vaccin contre le virus Zika sera développé?

«Il y a des groupes de chercheurs qui travaillent très fort pour développer un vaccin. Je ne peux pas dire quand il sera disponible sur le marché ni s’il pourra être donné ou non aux femmes enceintes, mais je suis optimiste, avec les développements récents dans la recherche, qu’on puisse parvenir à créer un vaccin.»

 

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