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Arrêt de travail et escouades anti-Uber à venir

Christopher Nardi et Caroline Lévesque | Agence QMI

 - Agence QMI

Les chauffeurs de taxi montréalais ne prendront pas de clients, le 10 février prochain, et passeront plutôt la journée à former des escouades pour combattre UberX.

Près de 1000 chauffeurs et propriétaires de taxis de partout au Québec se sont réunis dimanche pour adopter de nouvelles mesures afin de combattre le controversé service UberX.

Un arrêt de travail complet aurait lieu le 10 février et devrait être respecté par toutes les entreprises de taxi montréalaises.

Durant cette «pause café», des escouades de chauffeurs de taxi commanderont des voitures UberX. À leur arrivée, elles seront encerclées par des voitures de taxi. Les chauffeurs de taxi appelleront ensuite les policiers pour qu’ils viennent saisir ces véhicules.

«On fait la grève pour que le public comprenne nos revendications, estime Yoram Redibo, chauffeur de taxi indépendant. On va pogner des UberX toute la journée.»

La grève générale exclura les courses vers les hôpitaux et le service de transport adapté.

Le lendemain, soit le 11 février, les taxis offriront le transport à la moitié du prix habituel. «Le 11 février, tout le monde s’amuse! A poursuivi M. Redibo. C’est 50 % de rabais et on n’a plus rien à perdre.»

Injonction

Une demande d’injonction permanente sera signifiée par le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos dès lundi à la compagnie Uber, à Montréal, Toronto, San Francisco et Amsterdam, pour la faire déclarer illégale.

Son but sera d’empêcher les clients de commander une voiture UberX, en attendant que le gouvernement provincial tranche formellement sur l’avenir du service.

«Le gouvernement ne nous protège pas et on doit faire sa job, a soutenu Hamid Nadji, président du Regroupement des propriétaires de taxi de la capitale. On est en train de tout perdre.»

Alors que l’ancien ministre des Transports, Robert Poëti, avait déclaré qu’Uber est «illégal», on ignore toujours ce qu'en pense son successeur Jacques Daoust, nommé la semaine dernière.

Uber réagit

«Cette requête pour une poursuite protectionniste est sans fondement et vise à préserver le monopole de l’industrie du taxi au détriment des consommateurs», a laissé savoir par courriel le porte-parole de Uber Canada, Jean-Christophe de Le Rue. Nous continuerons à collaborer avec le gouvernement pour trouver des solutions qui bénéficieront à la population québécoise et qui permettront de mettre en place un cadre réglementaire équitable pour tous les intervenants.»

Il rappelle également la position du Bureau de la concurrence du Canada qui, dans un rapport émis en novembre 2015, recommande une refonte de la règlementation de l’industrie du taxi pour permettre aux services de taxi et de covoiturage de se concurrencer sur un pied d’égalité.

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