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Des chercheurs montréalais défendent la médication

Agence QMI

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNALD

La médication a montré son efficacité pour traiter les troubles du déficit d’attention avec hyperactivité (TDAH) et n’augmente pas les risques de suicide chez les jeunes affirment des chercheurs montréalais, contredisant ainsi une mise en garde de Santé Canada.

Une équipe de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et de l'Université de Montréal réagit à un avertissement de Santé Canada selon lequel les «médicaments pour le traitement du trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité peuvent accroître le risque de pensées et de comportements suicidaires chez certaines personnes».

Les chercheurs déplorent que Santé Canada «a omis de tenir compte des études épidémiologiques rapportant l’inverse, c’est-à-dire que la prise de ces médicaments est associée à un risque réduit de suicide chez les adolescents», souligne le Dr Alain Lesage, psychiatre et chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, dans un communiqué diffusé lundi.

Le traitement médical du TDAH a triplé en 10 ans au Québec, atteignant 9 % chez les garçons âgés de 10 ans et 4 % chez les garçons âgés de 15 ans. Or, le taux de suicide chez les 15-19 ans a diminué de près de moitié durant cette période.

Les essais démontrent que ces médicaments diminuent non seulement les symptômes de l’hyperactivité et du déficit de l’attention, mais qu’ils améliorent également la performance scolaire, l’estime de soi, diminuent les troubles du comportement et les abus de drogue, ainsi que le risque de grossesses précoces chez les filles, soulignent les chercheurs. «Dans les faits, ce sont plutôt ces troubles ou situations sociales précaires qui sont associés à un risque accru de suicide chez les jeunes et non la prise de la médication, qui au contraire les protège», mentionnent les auteurs de la recherche.

Les résultats de ces travaux ont été rapportés dans la revue scientifique «The Lancet Psychiatry».