/news/law

Une première plaignante raconte l'enfer qu'elle aurait vécu

Maxime Deland | Agence QMI

Le procès de l’ex-vedette de CBC Jian Ghomeshi s’est ouvert lundi, à Toronto, avec le solide témoignage d’une femme qui est venue expliquer comment elle a été brutalisée dans la voiture de «Disney» de l’animateur déchu.

Ghomeshi, a former celebrity radio host who has been charged with multiple counts of sexual assault, arrives for his first day of court alongside his lawyer Henein, in Toronto

REUTERS

Gentleman, charmant, charismatique, intelligent, galant: la première victime alléguée de Ghomeshi croyait avoir rencontré l’homme parfait en décembre 2002. Elle avait croisé le chemin de Jian Ghomeshi lors d’un party de Noël de CBC et l’attirance entre les deux a été immédiate.

Encore aujourd’hui, elle ne s’explique pas comment Ghomeshi en est venu à la saisir par les cheveux «très, très fort» pendant qu’il l’embrassait à bord de sa voiture. «C’était une Volkswagen Coccinelle d’un jaune éclatant. Un gars humble, gentil, charmant, brillant, qui conduit une voiture [directement sortie d’un film] de Disney! Je me souviens de m’être dit ‘Wow! Quel homme!’ » .

Pourtant, sans prévenir, Ghomeshi l’aurait empoignée violemment par les cheveux. «Puis, il m’a tiré la tête vers l’arrière et m’a gardé comme ça pendant deux ou trois secondes. Et il m’a demandé si j’avais aimé ça», a raconté Natasha (nom fictif puisque la victime ne peut être identifiée).

Expérience terrifiante

Malgré sa mauvaise expérience avec Ghomeshi, Natasha a accepté un deuxième rendez-vous. Puis un troisième, au début de l’année 2014. Pourquoi a-t-elle accepté de le revoir? «Ce n’est pas clair, a hésité Natasha. Quand il m’a tiré les cheveux, j’ai senti de la rage en lui. Mais cette rage n’y était pas une seconde plus tôt et n’y était plus après. C’était incompréhensible.»

Avec émotion, la femme de 41 ans a raconté sa dernière soirée avec Jian Ghomeshi. Une rencontre au cours de laquelle il lui aurait asséné plusieurs coups de poing au visage sans raison apparente.

«Je me souviens qu’on s’embrassait chez lui. On est debout. Puis, il se glisse derrière moi et m’empoigne les cheveux. Encore plus fort que la première fois. Il pousse ma tête vers le bas et se met à me frapper dans le visage. J’ai cru que j’allais m’évanouir, j’étais terrifiée.»

Pour une raison obscure, Jian Ghomeshi lui aurait ensuite conseillé de quitter sa résidence. «Il m’a jeté dehors comme un déchet. Je pleurais.»

Si elle a décidé de porter plainte 12 ans plus tard, c’est notamment parce que le fait d’entendre la voix de Ghomeshi à la radio sur une base quotidienne lui rappelait de bien mauvais souvenirs. «Ça faisait remonter en moi des souvenirs que j’essayais d’enterrer», a-t-elle admis.

Le témoignage de Natasha devrait se poursuivre mardi matin, puisque le procès a été suspendu en fin d’après-midi, en raison d’un problème technique dans la salle d’audience.

Qui est Jian Ghomeshi?

- Né à Londres de parents d’origine iranienne

- Il a 48 ans

- Il a été élevé en Ontario

- De 1990 à 2000, il a été membre du groupe de musique folk-pop Moxy Früvous; il chantait et jouait de la batterie

- Avant d’être impliqué dans un scandale sexuel, il comptait près de 300 000 abonnés sur Twitter; il a depuis fermé son compte

- Il a reconnu publiquement être un adepte de BDSM (bondage, discipline, sado-masochisme)

- En 2002, il prend la barre de l’émission de télévision «>play» sur les ondes de NBC News; il demeure à ce poste jusqu’en 2005

- Entre 2005 et 2006, il anime l’émission de radio «The National Playlist», sur les ondes de CBC

- En 2007, CBC lui confie l’émission culturelle radiophonique «Q»; Ghomeshi devient rapidement une tête d’affiche de la société d’État

- En 2012, il publie son premier livre intitulé «1982»

- En 2012, il reçoit le prix du meilleur animateur au New York Festivals International Radio Awards

- En 2013, l’hebdomadaire torontois «Now» le consacre personnalité médiatique de l’année

- Lorsque CBC le congédie, le 26 octobre 2014, il est au sommet de sa carrière et est considéré comme un demi-dieu au Canada anglais

- Depuis sa remise en liberté, il vit chez sa mère

- Il souffre de trouble d’anxiété généralisé, un problème de santé mentale qui toucherait le tiers de la population.

 

Dans la même catégorie