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Le monde des affaires et les syndicats divisés

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Pendant que la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) se réjouit de l’acquisition de RONA par l’entreprise américaine Lowe’s, le syndicat qui représente 2 000 employés de la chaîne se dit inquiet.

«Les conditions d’acquisitions de RONA par Lowe’s nous semblent favorables et respectueuses de ce que RONA a bâti au Québec depuis de nombreuses années», a déclaré dans un communiqué Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la FCCQ.

La FCCQ souligne qu’il ne s’agit pas d’une offre d’achat hostile, mais bien d’une «d’une transaction volontaire qui a été approuvée à l’unanimité par les conseils d’administration des deux entreprises».

De plus, la FFCQ est rassurée par les promesses de Lowe’s : conserver le siège social et les dirigeants de l’entreprise, maintenir les bannières de RONA, conserver la chaîne d’approvisionnement locale, etc.

Qu’une entreprise québécoise prenne de l’expansion à l’étranger est une bonne chose, ajoute la fédération de chambres de commerce, citant les exemples de CGI, de Bombardier et de Couche-Tard.

L’institut économique de Montréal (IEDM) a exprimé le même point de vue mercredi, dans un communiqué : «Un tel changement amène souvent de nouvelles méthodes de gestion et un nouveau regard managérial. De plus, l'accès aux réseaux d'approvisionnement d'un géant étranger, ainsi que les économies d'échelles associées au fait de faire partie d'une plus grande organisation permet de réduire les coûts.»

Le consommateur pourra donc en sortir gagnant, de même que les fournisseurs québécois qui auront accès à de nouveaux marchés à l’étranger, croit l’IEDM.

«Des inquiétudes parmi les travailleurs»

Le syndicat des Teamsters, qui représente plus de 2 000 travailleurs de RONA, se montre prudent.

«À ce stade-ci, rien n'indique que la transaction aura des répercussions sur les activités de Rona», peut-on lire dans un communiqué, mais la transaction «suscite des inquiétudes parmi les travailleurs».

«Rappelons que la tentative de prise de contrôle de Rona par la société américaine en 2012 s'était heurtée à l'opposition du ministre des Finances de l'époque, Raymond Bachand », poursuit le syndicat. «La Caisse de dépôt et placement avait alors augmenté sa participation dans Rona à hauteur de 14,18 %.»

«En 2012, on reprochait à Lowe's que sa culture organisationnelle n'était pas compatible avec le modèle d'affaires de Rona, axé davantage sur les magasins de proximité ».

Le syndicat a déjà rencontré la nouvelle direction. D'autres échanges sont prévus mercredi.

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