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«On ciblait les plus jeunes filles possible»

Hugo Bourgoin | TVA Nouvelles

Prendre contact avec des jeunes, les initier au crime, créer la désinhibition sexuelle. Voilà la recette qu'utilisent les proxénètes pour manipuler de jeunes mineures et les inciter à se prostituer sans qu'elles en tirent un sou.

Alors que le sujet de la prostitution juvénile est sur toutes les lèvres depuis quelques semaines en raison de ces adolescentes portées disparues, TVA Nouvelles vous propose de revoir un reportage de l'émission JE diffusé l'an dernier dans lequel on entend un proxénète se mettre à table.

Lors d'un interrogatoire policier qui a eu lieu en mai 2003 à la suite de l'opération Scorpion, dans la région de Québec, un recruteur du Wolf Pack a accepté de livrer ses secrets. Jocelyn Philogène Mior a donné un véritable cours de Proxénétisme 101 à l'enquêteur qui le questionnait.

«Dix-huit ans en montant ce n'était pas vraiment intéressant, donc on ciblait les plus jeunes possible. Pas 10-11 ans, mais une fille qui est potentiellement capable de rentrer dans un bar de danseuses. Que tout le monde sache qu'elle est mineure, mais que ça passe quand même», raconte Mior qui se tenait alors avec des gens plus jeunes pour avoir accès à leur réseau.

«Je me tiens avec des jeunes gars parce qu'ils sont en contact direct avec les femmes de leur âge. [...] Je rentre dans leur tête par les autres, par les jeunes de leur âge. J'avais 20 ans, mais j'étais avec des gars de 15-16 ans», confie-t-il.

Une fois le contact établi, l'objectif avoué de Mior, qui oeuvrait principalement à Place Laurier, était d'initier les adolescentes au crime, notamment en les faisant participer à des fraudes de cartes débit.

«Le but, c'était de les tremper dans le crime le plus possible pour les contrôler par la suite et leur apprendre que le crime c'est bon et payant pour, finalement, en faire des danseuses.»

Puis, c'est l'incitation au sexe.

«Je lui fais comprendre qu'elle est une salope et que c'est normal. Je lui montre un mauvais côté de sa sexualité en lui disant que c'est normal», admet l'homme à l'enquêteur.

Afin de savoir si une fille est prête ou non à se prostituer, Mior lui fait passer le test ultime en lui faisant rencontrer un client «maniaque».

«J'appelais un client qui aimait les mineures. Je sais que le gars fait tout, c'est un maniaque, et je sais que, si ça passe, je vais pouvoir investir sur elle pour les clubs de danseuses», conclut celui qui «jouait au gars qui n'a pas d'argent pour habituer les filles à [lui] donner le leur».

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