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TÉMOIGNAGE | Une promesse de liberté qui tourne vite au cauchemar

TVA Nouvelles

Les adolescentes qui ont fui le Centre jeunesse de Laval cette semaine cherchaient la liberté et l’argent, mais ce qu’elles trouvent ne se rapproche ni de l’un ni de l’autre. C’est ce que Cloé a appris à ses dépens.

Derrière les portes des centres jeunesse se trouvent des adolescentes en mal de vivre. Cloé en faisait partie. Elle n'était pas délinquante, mais ses parents avaient perdu sa garde.

Elle le confirme, il y a bel et bien des filles qui en recrutent d’autres à l’intérieur de ces murs.

Elle-même s'est fait prendre au piège. Peu après son 15e anniversaire, Cloé réalise sa première fugue.

«Nous sommes parties en courant toutes les deux, quelqu’un nous attendait en face, des amis de cette fille. Ensuite, ils nous ont amenés dans un appartement», raconte-t-elle.

C’est à ce moment que son calvaire a commencé. Séquestrée pendant une semaine, elle est obligée de se prostituer.

«Ils avaient des fusils, des couteaux, ils nous menaçaient. On n’avait pas d’autres choix.»

Des garçons adultes surveillaient l’endroit où les filles étaient gardées. C’est à eux que les clients remettaient l’argent.

Ces garçons ont finalement été arrêtés lorsque Cloé est parvenue à s'enfuir et à porter plainte. L'un d’eux a plaidé coupable pour proxénétisme, les autres ont été relâchés faute de preuves.

«C'est vraiment difficile de mettre ça derrière soi. Je fais encore des cauchemars, j'ai des séquelles.»

Cloé se désole de voir que les adolescentes qui fréquentent les centres jeunesse ne sont pas davantage protégées, car elle sait que toutes ces filles disparues au cours des derniers jours resteront, comme elle, marquées à jamais.

 

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