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Les médecins n’acceptent pas la décision de la direction

Sonia Lavoie | TVA Nouvelles

L'embauche prochaine d'un nouveau spécialiste en oto-rhino-laryngologie sème la bisbille dans le réseau régional de la santé au Saguenay - Lac-Saint-Jean.

La région compte actuellement six spécialistes en oto-rhino-laryngologie (ORL) : trois au Saguenay et trois autres au Lac Saint-Jean, mais on a besoin d’un septième médecin spécialiste en ORL de toute urgence.

La direction du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) a déjà arrêté son choix sur un médecin qui pratique depuis plusieurs années au Nouveau-Brunswick et qui est originaire de la région.

«C'est une aide. C'est quelqu'un avec une bonne réputation», a indiqué le président régional du Conseil de médecins, dentistes et pharmaciens, Fabien Simard.

La décision du CIUSSS a créé toutefois une vague de mécontentement auprès des ORL qui pratiquent déjà en région. Selon eux, il vaudrait mieux privilégier l’embauche d’un autre médecin, plus jeune, qui a manifesté son intention - il y a déjà trois ans - de venir pratiquer au Saguenay-Lac-Saint-Jean dès 2017.

«Sa famille vient de la région, sa conjointe vient de la région, il veut revenir dans la région. Il veut nous amener des choses nouvelles pour faire évoluer le système», a plaidé le Dr Razvan Moïsescu, l’un des six ORL de la région.

Selon lui, la direction du CIUSSS devrait notamment prendre en considération l’âge des deux candidats. «La personne qu’on essaye de recruter est plus âgée que moi, alors que je suis le doyen du service», a-t-il déploré.

«Dans 10 ans peut-être, on prendra notre retraite, mentionne-t-il à propos de lui et de deux autres collègues ORL qui auront alors 65 ans. Qui va-t-il rester alors? Ce n'est pas sérieux.»

Manque de respect

TVA Nouvelles a obtenu une copie des lettres envoyées par les médecins à la direction du CIUSSS et au sous-ministre de la santé pour faire connaître leur mécontentement.

Dans le courrier adressé à la présidente et directrice générale du CIUSSS, le responsable du département d'ORL, Michel Harvey, déplore que les membres de son service n'aient pas été consultés. «Je n'ai jamais vécu situation semblable, écrit-il. C'est un manque de respect inacceptable. Un manque de justice et de transparence.»

Au sous-ministre adjoint à la santé, les trois ORL du Saguenay ont écrit, le 12 janvier dernier, que l'administration du CIUSSS impose une candidature de façon agressive, non démocratique, illogique et discrétionnaire.

Pour sa part, le président du Conseil de médecins, dentistes et pharmaciens de la région s'explique mal la levée de boucliers que provoque l'embauche du spécialiste du Nouveau-Brunswick.

«Depuis plusieurs années, on a des problèmes de bris de service pour des raisons multiples. (...) On a eu des plaintes de patients, on a eu des plaintes de médecins», fait savoir Fabien Simard.

«Cette décision a été prise en fonction du bien de la population. On est un conseil des médecins et dentistes. On veille à la qualité de l'acte», a souligné M. Simard.

Selon le Dr Moisescu, c’est inexact «On s'est même déplacé la nuit quand on n'était pas de garde parce qu'on était disponibles, plaide-t-il, en ajoutant que les ORL se sont même engagés par écrit à assurer cette garde jusqu'à l'arrivée du diplômé.

«Si l’on veut que le service perdure, on a besoin de jeunesse», a soutenu le Dr Moisescu.

L'embauche du nouveau spécialiste devrait être confirmée lors de la prochaine assemblée du conseil d'administration du CIUSSS, le 17 février prochain.