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Une cohabitation harmonieuse entre Uber et les taxis est possible

Agence QMI

L’Institut économique de Montréal (IEDM), qui estime que les applications de covoiturage comme Uber sont là pour rester, encourage le Québec à s’inspirer de l’Australie où la cohabitation de ce système avec les services de taxis traditionnels serait harmonieuse.

Dans une étude publiée lundi, l’IEDM affirme que les solutions existent et, pour appuyer ses dires, présente les grandes lignes de deux réformes australiennes.

«Nos gouvernements ici peuvent s’inspirer de ces réformes, a indiqué Youri Chassin, directeur de la recherche à l’IEDM. D’un côté, les autorités australiennes reconnaissent leur part de responsabilité face aux difficultés de certains propriétaires de taxi qui ont payé cher pour avoir le droit de pratiquer leur métier. Mais de l’autre, elles font preuve de pragmatisme en légalisant une innovation très appréciée des consommateurs.»

Dans cette nouvelle publication, les auteurs indiquent qu’en Nouvelle-Galles-du-Sud (une région qui inclut Sydney), des compensations seront versées aux propriétaires de licences de taxi qui ont subi des pertes financières en raison du changement de cadre réglementaire. Ces compensations pourraient s’élever à 20 000 $ par licence, pour les détenteurs de longue date et à 175 000 $ pour les permis obtenus achetés en 2015. Pour financer ce programme, une taxe temporaire de 1 $ par course s’appliquant aux taxis traditionnels et aux services comme Uber sera mise en place.

De côté de la capitale australienne Canberra et ses environs, les compagnies de répartition de taxis ont été éliminées en octobre 2015. Les taxis sont maintenant en concurrence directe avec les applications comme Uber dont les chauffeurs doivent désormais se conformer aux exigences en place pour garantir la sécurité de leurs services.

«L’objectif est à la fois de permettre aux applications de covoiturage de se développer et de donner aux chauffeurs de taxi les moyens de s’ajuster et de bonifier leur offre de service. Le consommateur en sortira grand gagnant», a affirmé Youcef Msaid, coauteur du document et chercheur associé à l’IEDM.

Colère envers Uber

Les services de taxis traditionnels qui estiment que le gouvernement du Québec ne les protège pas contre la montée des applications de covoiturage ont décidé de combattre le phénomène par différents moyens de pression.

Mardi dernier, une demande d’injonction permanente a été signifiée par le syndicat regroupant des chauffeurs de taxi à la compagnie Uber, à Montréal pour la faire déclarer illégale.

Puis, le ministre des Transports, Jacques Daoust, a annoncé mercredi dernier qu’il y aurait une commission parlementaire sur l’industrie de taxi.

«Il y a un consensus qui se forme: on ne peut pas éviter des technologies comme Uber, mais il va falloir les discipliner», avait dit M. Daoust en point de presse.

Ce mercredi, les chauffeurs de taxi montréalais devaient arrêter temporairement de travailler – sauf pour les courses vers les hôpitaux et le transport adapté - afin de manifester contre Uber.

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