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Ne quittera pas RONA qui veut, malgré le maraudage

Denise Proulx | Argent

Agence QMI

Ce ne sera pas simple de quitter RONA même si plusieurs quincailleries concurrentes se sont mises à vanter leurs modèles d’affaires auprès de plusieurs de ses marchands affiliés, soutient le président et chef de la direction de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction (AQMAT), Richard Darveau.

Déchirer une entente avant terme avec la bannière RONA pourrait coûter cher, très cher aux marchands affiliés. La chaîne Lowe’s ne fera pas l'erreur de  Target, elle ne se laissera pas gruger ses parts de marché sans réaction.

«Lowe’s est habituée au régionalisme, puisqu’elle le pratique déjà dans plusieurs régions aux États-Unis et au Mexique. De plus, la direction de Lowe’s Canada est canadienne et son président directeur général est québécois. Sylvain Prud’homme vient d’un milieu d’affaires où le régionalisme est important. Il en a la sensibilité, ça devrait jouer dans la balance», précise-t-il.

Il reconnaît toutefois que depuis la première tentative d’achat de Lowe’s en 2012, plusieurs groupes de quincailliers font de nombreux clins d’œil aux petits commerçants.

Des entrepreneurs pesants

De plus, rappelle M. Darveau, 50 % des revenus des quincailleries sont générés par les activités des entrepreneurs généraux en construction et en rénovation. Leurs habitudes d’achat sont ancrées dans une relation de confiance et de facilité qui ne seront pas aisément laissées de côté pour privilégier l’achat québécois. Il ne croit pas que la défection sera massive.

«Ils vont fonctionner selon une logique économique, comme tous les consommateurs. Avant de s’attarder au fait que le produit soit québécois, ils se préoccupent qu’il soit disponible, moins cher, de qualité et fiable. Je ne crois pas que le patriotisme et les affaires aillent ensemble», poursuit-il.

Des arguments porteurs

Parmi les arguments que font miroiter les quincailleries maraudeuses, vient en premier lieu le coût des redevances que doivent verser les affiliés pour faire partie de la famille RONA.

«Oui, ça coûte vraiment cher, mais l’utilisation de la bannière RONA s’accompagne d’un bouquet de services. On observe que les concurrents de RONA font miroiter un modèle d’affaires moins dispendieux, plus simple et des redevances annuelles plus abordables», fait remarquer Richard Darveau.

Malgré leur maraudage plus agressif, le dirigeant de l’AQMAT s’attend toutefois à ce que ce soit la libre concurrence qui prévaudra.

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