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L'aéroport Montréal-Trudeau visé par une manifestation de taxis

Agence QMI

De nombreux chauffeurs et propriétaires de taxi et de limousine de Montréal ont convergé mercredi matin à l’aéroport Montréal-Trudeau (ADM), afin de protester contre Uber.

Les taxis n’ont toutefois pas pu atteindre les rampes d’arrivée et de départ de l’aéroport puisque la police leur avait interdit l’accès. Ils ont dû se stationner dans la zone réservée aux taxis. Par contre, certains chauffeurs sont sortis de leur véhicule et se sont dirigés à pied vers l’estacade des départs.

La sécurité a été renforcée à l’aéroport Montréal-Trudeau où de nombreuses voitures de police et des services de surveillance de l’aéroport étaient visibles.

«Les chauffeurs et propriétaires de taxis et limousines paient 2,5 millions $ par année pour avoir le droit de prendre des clients à Montréal-Trudeau. ADM laisse ces transporteurs leur voler une clientèle qui leur a pourtant été garantie par contrat», a précisé Benoit Jugand, porte-parole du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos, Benoit Jugand, avant la manifestation.

La direction de l’aéroport était en désaccord avec ce point de vue.

«C'est vraiment dommage qu'ils nous aient ciblés ce matin quand ils savent très bien que l'application Uber n'est pas disponible chez nous. Je suis très étonnée de voir ce qui se passe quand on fait tout en notre possible pour respecter la réglementation en vigueur», a déclaré la directrice des communications Christiane Beaulieu au «Journal de Montréal», en rappelant que le bassin de taxis est réservé aux détenteurs de permis de taxi.

Sévir contre Uber

Le représentant syndical des chauffeurs de taxi demande au ministre des Transports de sévir contre Uber qui est selon lui un service illégal.

«Les règles sont claires: il y a covoiturage quand on partage les dépenses, pas quand on en tire des revenus. Autrement, c'est du transport de personnes contre rémunération ce qui nécessite un permis. On a beau prétendre que l'application est légale, ça prend un permis d'intermédiaire pour Uber, un permis de propriétaire pour ses voitures et un permis de chauffeur pour ceux qui les conduisent. Il n'y a pas de zone grise: Uber tombe sous le coup de la loi et elle doit s'y conformer», a ajouté M. Jugand.

Le syndicat demande l’arrêt des activités de l’entreprise Uber pour toute la durée de la commission parlementaire sur l'industrie du taxi qui aura lieu bientôt.

«Nous allons laisser le temps du premier ministre de répondre et si nous n’avons pas de réponse, d’autres moyens de pression seront envisagés dans les prochains jours», a annoncé M. Jugand.

De son côté, le porte-parole d’Uber, Jean-Christophe de Le Rue, mentionne que «le taxi et le covoiturage urbain peuvent se compléter afin de mieux répondre aux besoins des usagers et des partenaires-chauffeurs de la province».

«Nous serions heureux de dialoguer avec l'industrie du taxi pour trouver des solutions sensées qui mettent les intérêts des consommateurs en premier», a ajouté le porte-parole d’Uber qui a salué l’établissement de la commission parlementaire mise en place par le ministre des Transports Jacques Daoust.

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