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Une immigrante modèle potentiellement expulsée du pays

TVA Nouvelles

Une immigrante cambodgienne a reçu un avis d’expulsion du pays parce que des fonctionnaires ont égaré son dossier.

En 2010, Le Canada a sélectionné Laksmey Kio pour qu'elle apprenne le métier d'assistante dentaire : un travail très en demande. La Cambodgienne s'est d’ailleurs rapidement trouvé un emploi après ses études. 

«C'est une employée modèle. C'est exactement ce dont le Canada a besoin comme personne qui veut immigrer ici », peut-on lire dans une lettre élogieuse de l’ex-employeur de Laksmey.

«Ex-employeur» parce que le visa de travail de la jeune immigrante a expiré en juillet dernier.

Elle avait 90 jours pour le renouveler. Laksmey a respecté les délais.

Les bureaux débordés de l'Immigration ont malgré tout égaré la demande de renouvellement de permis et la demande de parrainage entreprise par son mari, Danny Lareguy, pour qu'elle devienne citoyenne canadienne.

«L'argent était là. Ils sont au courant qu'il y avait de l'argent payé pour ça, mais mon dossier a disparu», explique-t-il.

Le 23 décembre, un fonctionnaire fait parvenir à Laksmey un avis de déportation.

«À notre connaissance, s'ils viennent cogner ici, ils partent avec», ajoute Lareguy.

Simon Marcil, député de Mirabel, s'en est mêlé et Ottawa a retrouvé mercredi le dossier de parrainage. Le tout pourrait annuler l'avis de déportation, mais rien n'est moins sûr.

«Il y avait une quinzaine de mois d'attente. Maintenant, on est rendus à 26 mois d'attente avant que les dossiers de parrainage soient ouverts», avoue Marcil.

Le député estime que la machine gouvernementale devrait être aussi efficace dans les dossiers de parrainage qu'elle l'est dans l'accueil des réfugiés syriens.

«On a des gens qui ont besoin que leur dossier soit traité. D’un autre côté, la machine est alourdie.»

Laksmey ne craint qu'une chose: un nouveau déracinement.

«Ce n’est pas correct pour moi», avoue-t-elle.

TVA Nouvelles a contacté le bureau du ministre de l'Immigration qui, lui aussi, cherche à comprendre ce qui a bien pu enrayer la machine de la sorte.