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Eagles of Death Metal à Paris, «un instant pour se souvenir»

Anthony Lucas et Franck Iovene | Agence France-Presse

«Prenons un instant pour nous souvenir»: trois mois après la tragédie du Bataclan, les Eagles of Death Metal ont fait leur retour mardi soir à Paris, sur la scène de L'Olympia pour un concert placé sous haute sécurité, mais aussi fort en émotions.

«On va passer un bon moment ce soir, personne ne pourra nous arrêter», a lancé Jesse Hughes, le leader du groupe, qui portait ses habituelles lunettes aux verres roses, le T-shirt noir du groupe et des bretelles rouges.

Le groupe américain a été accueilli par une immense ovation du public parmi lequel se trouvaient de nombreux rescapés de l'attentat, dont certains étaient pourvus de béquilles.

Leur arrivée sur la scène de l'Olympia, scène parisienne emblématique du quartier de l'Opéra, était accompagnée en bande-son par l'air de «Il est cinq heures, Paris s'éveille», chanson célèbre (1968) de Jacques Dutronc, clin d'oeil à l'identité particulière de la capitale française, célébrée en signe de résistance après les attentats.

Visiblement ému en faisant son entrée, peu après 21H00, le chanteur n'a pas dit un mot saluant simplement le public avant d'entamer la première chanson de la soirée, «I only want you».

Au milieu de ce premier titre, les rockers californiens se sont arrêtés de jouer. «Prenons un instant pour nous souvenir, puis on recommencera à jouer», a dit Joss Homme derrière sa batterie. Moins d'une minute après, la chanson a repris.

«Je vous aime, enfoirés, vous n'avez pas idée à quel point», a lancé Jesse Hughes à la foule après quelques morceaux.

Le Bataclan toujours fermé, c'est à l'Olympia que se tenait ce concert forcément particulier, en présence de rescapés et de proches des victimes, invités par la production, mais aussi de fans du groupe qui ont acheté leur billet.

Un périmètre de sécurité d'une ampleur exceptionnelle avait été mis en place aux abords de L'Olympia pour ce concert fort en symboles et en émotion.

«Eagles of Death Metal: continuer à vivre, continuer à jouer: un hommage aux victimes, un chant pour la liberté», a posté le premier ministre, Manuel Valls sur son compte twitter avant le début du concert.

Le groupe avait repris samedi à Stockholm la tournée internationale qu'il avait suspendue au lendemain de l'attentat dans lequel ont été tuées 90 personnes pendant leur concert au Bataclan.

Les Californiens ont toutefois retiré «Kiss the Devil», le titre qu'ils jouaient au moment de l'attaque, de la liste de leurs morceaux depuis qu'ils ont repris les concerts.

«EODM» était brièvement apparu sur scène aux côtés de U2 à Paris début décembre, mais il s'agit là de leur premier concert en France depuis la tuerie.

Jesse Hughes a dit voir dans ce concert une «thérapie».

Pour les rescapés, c'est parfois plus délicat. «J'y pense tous les jours», a dit à l'AFP Arnaud Lacroix, 30 ans, l'un des survivants, présent dans la file d'attente. «C'est surtout des images qui reviennent. J'ai une pensée pour ceux qui ne sont plus là».

Une équipe d'une trentaine de personnes avec des psychologues était présente pendant tout le concert à L'Olympia pour venir en aide aux survivants et à leurs proches.

Rebaptisée le «Nos Amis Tour», en français dans le texte, la tournée mondiale des EODM les emmènera dans les prochains mois à travers l'Europe, l'Amérique du Sud, l'Amérique du Nord et l'Australie. Elle compte pour le moment deux autres dates en France, à Nîmes le 2 mars et à Lille le 7 mars.

Le groupe a clamé son intention d'être le premier groupe à rejouer au Bataclan quand la salle pourra rouvrir. Une réouverture que les patrons de la salle espèrent pour fin 2016 après rénovation.

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