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Bras de fer entre Uber et Québec

Charles Lecavalier

 - Agence QMI

Uber fait fi des demandes du gouvernement Couillard et refuse de mettre fin à son service jugé illégal par Québec.

«On ne cessera pas nos services. Notre responsabilité est de continuer de servir la population du Québec», a laissé tomber le directeur général d’Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, au terme d’un passage éprouvant jeudi, en commission parlementaire, sur l’avenir de l’industrie du taxi.

Il promet toutefois qu’Uber ouvrira ses livres au fisc québécois si Revenu Québec l’exige et il accepterait de payer une taxe spéciale pour indemniser les chauffeurs de taxi.

À sa sortie du Salon rouge, il a dû franchir une «haie de la honte» érigée par ces derniers. «Sortez-les du Québec à grand coup de pied dans le cul», a lancé aux journalistes Benoit Jugan du syndicat des Métallos, après le départ de M. Guillemette.

Daoust sort les dents

Les chauffeurs de taxi n’étaient pas les seuls à être hostiles à l’endroit d’Uber. Le ministre des Transports, Jacques Daoust, a attaqué de front M. Guillemette. «Ce n’est pas du covoiturage, c’est du taxi. Ça fait 1000 fois qu'on saisit vos véhicules. Vous cherchez une confrontation et vous risquez de l'avoir», a déploré le ministre, visiblement courroucé.

Uber affirme faire du «covoiturage urbain», une activité qui n’est pas réglementée au même titre que le taxi. Cette définition est rejetée par Québec. Jacques Daoust a d’ailleurs dénoncé l’attitude de M. Guillemette, qui se «réjouit d’abuser du système» dans la «maison où on fait les lois». «Pas de commentaire», a répliqué ce dernier. Durant la journée, M. Daoust a accusé les chauffeurs d’Uber de travailler «au noir».

L’opposition officielle n’a pas non plus manqué d’écorcher l’entreprise fondée aux États-Unis. «Est-il exact qu’Uber a été condamné pour avoir utilisé l'appellation covoiturage à Paris?», a questionné Martine Ouellet. «Je n’ai pas les détails, mais si vous le dites, ça doit être vrai», a répondu M. Guillemette.

«Pouvez-vous me dire dans combien d'endroits dans le monde Uber a été suspendu», a ajouté la députée, qui appuie fermement l’industrie du taxi. «Je n'ai pas le décompte», a répliqué Guillemette. Ce dernier a d'ailleurs ajouté qu'il ne savait pas combien d'impôt Uber avait payé au Québec l'an dernier.

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