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«L’État n’a pas à financer les mères porteuses»

Le gouvernement ne devrait pas financer le recours aux mères porteuses, croit le Conseil du statut de la femme (CSF).

Dans un avis publié jeudi, l'organisme soutient que le remboursement des traitements de fécondation in vitro (FIV) des mères porteuses «pourrait être interprété comme une forme d’encouragement de la maternité pour autrui par l’État québécois».

«Comme cette pratique peut être problématique, même si on ne dit pas qu’elle l’est tout le temps, on considère qu’il ne faut pas que la société la favorise», a expliqué la présidente du CSF, Julie Miville-Dechêne, en entrevue avec l'Agence QMI.

Mme Miville-Dechêne s’inquiète notamment des risques physiques, psychologiques et financiers qui sont toujours associés à la gestation pour autrui.

Controverse

En 2014, l’animateur Joël Legendre avait soulevé la polémique en révélant avoir eu recours à une mère porteuse dont les traitements de FIV avaient été remboursés par le Programme québécois de procréation assistée. Dans la foulée de cette révélation, le gouvernement Couillard avait mandaté le Conseil du statut de la femme afin qu’il se penche sur le phénomène de la maternité pour autrui et qu’il formule des recommandations.

S’il condamne toujours avec autant de fermeté la rémunération des mères porteuses, qui revient à «marchander le corps de la femme», le Conseil se montre dorénavant plus ouvert lorsqu’il n’y a pas d’argent impliqué. Il insiste toutefois sur l’importance d’instaurer des balises claires.

«Consentement éclairé»

Le Conseil recommande entre autres d’instaurer un formulaire de «consentement éclairé», signé avant et après l’accouchement, qui permettrait aux mères porteuses de garder l’enfant si elles changent d’avis en cours de route.

«De notre point de vue, ça doit toujours être possible pour une femme qui porte un enfant de le garder», a insisté Julie Miville-Dechêne.

La présidente du CSF propose également d’introduire une responsabilité financière des parents d’intention à l’égard de l’enfant né et de la mère porteuse, en cas de désistement de ces derniers.

«Il y a des cas où il y a carrément eu un changement d’idée. Les parents d’intention ont dit: “Ah, bien oui, il y a un enfant qu’on a demandé à être porté, mais là, finalement, ma femme est tombée enceinte là, finalement on a changé d’idée”», a relevé Mme Miville-Dechêne.

Elle propose d’ailleurs d’obliger les parents d’intention à subir une évaluation psychosociale «pour savoir s’ils sont capables de bien vivre avec tout ça».

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