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Médicaments adaptés pour les enfants: Sainte-Justine crée un centre

TVA Nouvelles et Agence QMI

Un Centre de formulations pédiatriques se greffera au CHU Sainte-Justine, à Montréal, une première au Canada, grâce à un don de la Fondation de la famille Morris et Rosalind Goodman.

Lilia-Carole a trois ans. Elle a une tumeur au cerveau qui s'est propagée à sa moelle épinière. Une fois par mois, elle doit passer cinq jours à l'hôpital Sainte-Justine pour recevoir une chimiothérapie par la bouche. Comme le médicament n'a pas été conçu pour les enfants, la dose réduite qu'elle reçoit est difficile à avaler.

«Dans le fond, il faut ouvrir les capsules et on mélange la poudre dans du jus de pomme. Ça goûte terrible. Ca goûte comme le fer, mais fois mille», raconte la mère de Lilia-Carole, Julie Vallières.

Le Centre de formulations pédiatriques de la famille Rosalind et Morris Goodman du CHU Sainte-Justine, tel qu’on l’a baptisé, «permettra d’offrir aux enfants des médicaments efficaces et sécuritaires qui seront disponibles sous une formulation ou une forme pharmaceutique adaptée spécifiquement à leurs besoins», a-t-on précisé dans un communiqué.

«Plusieurs médicaments administrés chez les enfants ne sont pas disponibles sous une formulation commerciale adaptée à leur âge et à leurs besoins, conduisant à de nombreux défis pour les professionnels de la santé et les parents, dont la manipulation de formes pharmaceutiques développées pour l’adulte», a dit la Dre Catherine Litalien, pédiatre intensiviste et directrice du nouveau Centre de formulations pédiatriques.

«Des formulations commerciales innovantes adaptées aux besoins spécifiques des enfants sont d’une importance vitale, a-t-elle poursuivi. La disponibilité de telles formulations, faciles d’administration et répondant à des normes pharmaceutiques de haut niveau, peut faire la différence entre un succès et un échec thérapeutique. Les enfants méritent que leurs besoins soient pris en compte.»

Des médicaments difficiles à préparer

Les pharmaciens comme ceux de l’hôpital Sainte-Justine doivent faire des prouesses pour adapter aux enfants les doses de médicaments pour adultes.

«Il y a 83 médicaments qui nécessitent une telle préparation magistrale sous une formulation liquide. Ça représente 600 seringues par jour et jusqu'à 54 000 jours de médicaments par année», indique la Dre Catherine L’Italien.

Noé a trois ans et souffre d'une leucémie. Lui aussi reçoit une chimiothérapie par la bouche, mais à la maison. Ses parents doivent eux-mêmes préparer les doses pour leur fils.

«Quand on coupe les comprimés, je ne suis pas sûr d'avoir exactement la bonne dose. Il en reste toujours un petit peu dans la seringue, donc c'est un petit stress par rapport à ça», confie le père du petit Noé, Laurent Ton-That.

L'idée qui vient de naître aujourd'hui pourrait enlever un poids énorme sur les épaules de nombreux parents et rendre les traitements moins douloureux pour les tout-petits.