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Abolition des permis de taxi: Coderre craint un conflit social

Charles Lecavalier

 - Agence QMI

Uber

Simon Clark/Agence QMI

L’abolition des permis de taxi sans pleine compensation pourrait créer un conflit social, craint Denis Coderre.

«Il y a des gens qui ont investi leur retraite là-dedans, on ne peut pas les laisser Gros-Jean comme devant», a lancé mercredi le maire de Montréal en commission parlementaire sur l’avenir de l’industrie du taxi.

La veille, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain recommandait la libéralisation totale du marché du taxi. Son président, Michel Leblanc, estime que l’État ne devrait pas payer plus de 20 000 $ par permis de taxi, alors que leur valeur sur le marché se situerait davantage au-delà de 150 000 $.

À son avis, les contribuables n’ont pas à assumer le risque des chauffeurs, qui perdront de l’argent tout comme les petits épargnants qui ont investi leurs économies dans Nortel à l’époque.

Pour Denis Coderre, cette façon de faire engendrerait de la violence. «La “game” dans tout ça, c’est que vous avez des gens qui ont investi 1,3 milliard $ dans des permis de taxi. Est-ce qu’une déréglementation trop rapide, qu’on “scrap” tout ça, qu’est-ce que ça veut dire comme impact social», a dit le maire.

À son avis, il ne serait pas anormal de voir des réactions disproportionnées de gens à qui «on enlève le pain de la bouche» pour le donner à quelqu’un qui agit «dans l’illégalité».

«Si vous les enlevez, payez pour, donnez une compensation, trouvez une façon de faire», a-t-il scandé.

C’est d’ailleurs pour empêcher toute escalade de violence qu’il avait demandé une trêve durant la commission parlementaire. Uber a toutefois décidé de maintenir son service jugé illégal par le gouvernement du Québec.

Réglementation serrée

M. Coderre a d’ailleurs demandé aux parlementaires de maintenir une réglementation serrée du transport des personnes. Il a félicité le ministre Jacques Daoust pour son attitude belliqueuse à l’endroit d’Uber et croit qu’il faut suspendre le permis de conduire des travailleurs qui pratiquent du «transport illégal».

Il se dit toutefois ouvert à une modification du nombre de permis, mais avec pleine compensation. «On n’est pas contre la technologie», a expliqué M. Coderre.

Près de 60 % de l’activité économique des taxis au Québec a lieu sur l’île de Montréal. Cette industrie représente le gagne-pain de 22 000 familles montréalaises.

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