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Barrette veut privatiser le réseau de la santé, craint le PQ

Charles Lecavalier | Agence QMI

Simon Clark/Agence QMI

Le projet-pilote mettant en scène trois cliniques privées de Montréal est une dérive vers la privatisation du réseau de la santé, craint le Parti québécois.

«Gaétan Barrette met tout l'argent, incontestablement, à répétition, du côté des médecins et du côté du privé. Cette fois-ci, vraiment, clairement, c'est une privatisation», a lancé la critique péquiste Diane Lamarre lors d’un point de presse mercredi.

Le ministre a reconnu aujourd’hui qu’il était en négociation avec les cliniques privées pour déterminer une marge de profit raisonnable. Quelques minutes auparavant, il affirmait pourtant qu’elles ne feraient aucun profit. «L’objectif n’est pas ici de faire des profits», disait-il plus tôt.

Mme Lamarre a répliqué : «Quand il dit que ça ne coûtera rien de plus aux citoyens, bien, ça ne leur coûtera pas de frais quand ils vont y aller, mais ça va coûter à l'ensemble du système de santé.»

La pharmacienne de profession se demande par ailleurs à qui va bénéficier l’argent investi dans le privé.

«Il faut bien, bien comprendre comment ça fonctionne. Les cliniques qui sont visées sont des cliniques qui appartiennent à des médecins et principalement à des médecins spécialistes», a laissé tomber Mme Lamarre.

Barrette accuse Lamarre d'ignorance

Plus tôt, le ministre Barrette s’attaquait de front à la députée péquiste, qu’il accuse d’ignorance dans ce dossier. Il estime qu'il est essentiel de réaliser cet exercice pour déterminer les coûts des chirurgies d'un jour.

«Il y a-tu quelqu’un de plus négatif que ma collègue Diane Lamarre, a lancé le ministre de la Santé. Je comprends que Diane Lamarre ne comprenne pas ça. Ça, je le comprends, ce n’est pas son environnement professionnel normal.»

Le gouvernement Couillard a annoncé mardi qu’il permettra aux citoyens de recevoir gratuitement ces soins dans les cliniques Chirurgie Dix30, RocklandMD et le groupe Opmédic plutôt que dans le réseau public.

En contrepartie, ces entreprises devront ouvrir leurs livres pour que Québec puisse déterminer les coûts générés pour chaque patient et pour chaque service donné. L’exercice se terminera le 31 décembre 2018 et Québec prévoit un budget de 4 millions $ par année.

Les compagnies n’ont pas encore confirmé qu’elles participeront à l’aventure, mais le ministre pense qu’elles «seront prêtes à le faire». C'est le ministère de la Santé qui décidera quels patients sur les listes d'attentes auront droit à ce service.

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