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Réfugiés: Le nouveau directeur obtient trois fois moins pour un mandat similaire

 - Agence QMI

PAUL CHIASSON/PRESSE CANADIENNE

Le nouveau directeur du Bureau d’intégration des nouveaux arrivants à Montréal (BINAM) touchera jusqu’à trois fois moins en salaire que le consultant à 1800 $ par jour pour pratiquement les mêmes fonctions.

Michel Dorais, ce consultant chargé de coordonner l’accueil des réfugiés syrien, dont le salaire a soulevé un tollé, a fini son mandat le 19 février dernier.

La Ville a affiché la semaine dernière le poste de directeur au Bureau d’intégration des nouveaux arrivants à Montréal (BINAM), crée pour prendre le relais de M. Dorais.

Alors que M. Dorais aura touché en trois mois 110 000 $ de salaire, soit l’équivalent de 1800 $ par jour, son successeur, recevra entre 106 630 $ et 159 580 $, cette fois pour une période d’un an.

Tout comme M. Dorais, le futur directeur devra représenter Montréal auprès des différents intervenants, assurer le maintien des liens avec les différents organismes et partenaires ainsi que faire un bilan de la situation.

Même si plusieurs des fonctions inscrites à la description du poste s’apparentent à celles du mandat de Michel Dorais, Montréal assure que le travail de celui-ci était nécessaire avant de créer un tel poste.

«En fonction des objectifs d’accueil du gouvernement fédéral à ce moment-là, Montréal a choisi l’action plutôt que la réaction», explique Valérie De Gagné, porte-parole de la Ville.

Mme De Gagné rappelle que le statut de M. Dorais lui permettait «d’aménager son calendrier pour se rendre disponible sans aucun délai et son expérience unique lui a permis d’occuper ses fonctions dès la première heure».

La Ville explique que le contrat temporaire accordé à M. Dorais misait aussi sur «sa capacité d'intervention à très haut niveau au sein des appareils fédéral et provincial et sur sa connaissance pointue des enjeux liés à l'arrivée massive de réfugiés».

Le maire de Montréal a toujours défendu le mandat confié à M. Dorais qui selon lui a permis d’avoir un état de la situation et de se préparer à accompagner les nouveaux arrivants en matière de logement, d’éducation et de sécurité.

Rappelons que M. Dorais a été sous-ministre fédéral de l'Immigration lorsque M. Coderre était ministre de 2002 à 2003.

Décision qui a coûté cher

L’opposition officielle estime que la création de ce bureau, qui sera composé d’une dizaine d’employés de la Ville, prouve que l’accueil des réfugiés pouvait être géré à l’interne.

«Ça aura pris trois mois, à payer 1800 $ par jour un consultant nommé par le maire pour voir qu’on pouvait faire la job pour moins cher. C’est pas mal cher payé», déplore Guillaume Lavoie, conseiller de Projet Montréal.

Crise surestimée

M. Lavoie rappelle aussi qu’en janvier, Montréal a dressé un premier bilan de l’accueil aux réfugiés syriens qui révélait que l’arrivée massive de ces immigrants a été surestimée.

«La grande urgence, c’était que Denis Coderre voulait faire à sa tête. C’est le seul au pays qui a décidé d’engager quelqu’un à l’externe. Les autres villes ont réussi à faire le travail avec leurs employés», a-t-il indiqué.

M. Dorais est entré en poste le 19 novembre, quelques jours avant le gouvernement Trudeau reporte sa cible d’accueil de 25 000 réfugiés, de décembre à mars.

Selon les premières cibles, Montréal s’attendait à l’arrivée massive de 5300 avant la fin de l’année 2015.

Alors que Montréal l’avait engagé en prévision de l’arrivée de 4300 réfugiés avant la fin du mois de décembre, M. Dorais s’est finalement occupé de 2189 réfugiés, dont seulement 32 parrainés par l’État.

D’ici la fin de 2016, Montréal devrait avoir accueilli 5000 réfugiés. La cible d’accueil pour la grande région de Montréal, en comptant Laval et Longueuil, est de 6195.

Au pays, on s’approche de la cible d’accueil de 25 000 réfugiés avant la fin du mois de février. En date du 25 février, le Canada a accueilli 23 394 réfugiés syriens.

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