/news/culture

Sortie cinéma

«Zootopia»: Coloré, drôle et entraînant

Isabelle Hontebeyrie | Agence QMI

Capture d'écran de YouTube

«Zootopia» se situe sans conteste dans la lignée de «La reine des neiges», les studios Disney livrant ici un film d’animation intelligent, qui donne aux contes de fées classiques un goût de modernité.

La modernisation des œuvres sortant des studios Walt Disney poursuit son cours avec ce «Zootopia» coloré, entraînant et drôle. Ici, on évacue les phrases toutes faites pour véhiculer un message adapté au monde d’aujourd’hui.

C’est ainsi que nous sommes plongés dans un monde imaginaire où les humains n’existent pas, seuls les animaux peuplent la Terre. Les premières images du film nous entraînent à Bunnytown, où une adorable jeune lapine, Judy (voix de Mylèbe Mackay en version doublée au Québec), se fait intimider par un renard, garçon particulièrement désagréable qui fréquente la même école. Si Judy rêve de devenir policière – elle serait ainsi le premier lapin à le faire -, tout le monde, incluant ses parents (doublés fort efficacement par Julie Le Breton et Martin Matte), l’en y décourage.

Mais la lapine ne se laisse pas démonter. Elle trouve le moyen de parier sur ses forces afin de réussir son examen de l’école de police et se retrouve affectée au poste du centre-ville de Zootopia, la mégalopole dans laquelle tous les animaux vivent en parfaite harmonie. Mais son patron, Bogo (voix de Frédérik Zacharek), un buffle particulièrement obtus, ne pense pas un seul instant qu’elle soit capable de s’acquitter de ses tâches et, malgré une enquête en cours sur la disparition mystérieuse d’animaux, il l’affecte au stationnement!

 

Faisant bon cœur contre mauvaise fortune, notre héroïne – et les parents éclateront de rire – bat tous les records d’établissement de contraventions et fait la connaissance de Nick Wilde (Alexandre Fortin), un renard particulièrement rusé (comme tous les renards), avec qui elle fait équipe sur une enquête.

Le scénario très habilement ficelé, signé Jared Bush et Phil Johnston, fait la part belle aux plaisanteries en insistant finement sur les préjugés pratiqués par tous. C’est ainsi que le bureau des véhicules automobiles (et on voit un extrait de cette scène dans l’une des bandes-annonces) est peuplé de... paresseux. À ce propos, il ne faut pas rater la scène hilarante à la toute fin du long métrage, avec Flash (Marc Labrèche), le paresseux de service ou encore celle qui met en vedette Mister Big (Manuel Tadros), le parrain de la mafia, tout droit sorti de la trilogie de Francis Ford Coppola.

En bout de compte, le message est pertinent. Dans «Zootopia», les deux réalisateurs, Byron Howard et Rich Moore n’hésitent pas à expliquer aux jeunes que la vie est nettement plus compliquée qu’il n’y paraît, que de réaliser ses rêves demande efforts et travail et que rien n’est facile. C’est d’ailleurs la grande force du film.

Un seul bémol (et de taille) par contre, le fait que, voulant s’affranchir des stéréotypes liés aux genres, «Zootopia» tombe en plein dedans. Judy, la jeune fille, tient le rôle de la proie, tandis que son ami le renard, un jeune homme, est quant à lui un prédateur. De plus, en version française, certains termes écrits (noms de villes, de bâtiments, bannières, etc.) ont été traduits, alors que d’autres demeurent en anglais.

Note: 4 sur 5