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Investissements de 135 millions $ et jusqu'à 300 emplois créés

Eric Bolte/Agence QMI

Des promoteurs veulent relancer le projet de mine de niobium sur l’ancien site de la Saint-Laurence Columbium et sur les terres achetées par Niocan sur le rang Sainte-Sophie, à Oka, dans les Laurentides.

Le projet mené par l’homme d’affaires Michel Gaucher et l’entreprise Éco-Niobium Ressources fait miroiter la création de 300 emplois et des investissements de 135 millions $.

«Niocan détient un bail minier qui expire dans deux ans et son plan se dirige tranquillement vers sa mort. On pense que c’est un joyau et qu’il fallait l’exploiter comme il faut. Nous avons préparé un plan de relance en vue de le rendre totalement acceptable socialement», a dit l’homme d’affaires Michel Gaucher.

Éco-Niobium Ressources, qui regroupe plusieurs autres entreprises minières, a été créée en février. Elle agit comme entité officielle pour vendre le projet à la population.

Le projet soumis à la fin des années 1990 par la firme Niocan avait fait face à une farouche opposition citoyenne, tant de la part de résidents d’Oka que de Kanesatake. Plusieurs considéraient que la mine était incompatible avec la vocation agroalimentaire et touristique de la région, tout en présentant des risques élevés en matière de gestion de l’eau et du radon, un gaz très présent dans le secteur.

«Notre projet compte plusieurs aspects: hydrique, énergétique, agricole et minier, dans un plan intégré. On va soumettre les solutions techniques claires. On va construire une grande serre. On pense que ça peut créer énormément d’emplois, tout en gérant les risques face à l’eau et au radon», a dit Michel Gaucher.

Des élus intéressés

Sans se dire favorable au projet, le maire d’Oka, Pascal Quevillon, y voit plusieurs avantages.

«Il servira à réhabiliter l’ancien site, à le décontaminer et il créera 250 emplois miniers et 50 emplois administratifs, en plus de payer des redevances à la municipalité. Donc, on juge que le projet en vaut la peine pour la municipalité», a-t-il dit lors d’un entretien téléphonique.

Le maire a fait parvenir une lettre à tous ses concitoyens pour les informer des discussions en cours avec Éco-Niobium Ressources et les inviter à se présenter à une prochaine assemblée d’information qui aura lieu vers la fin mars.

«Oka ne serait pas ce qu’elle ait aujourd’hui sans la mine. Même les agriculteurs y travaillaient de soir et de nuit, après leur ouvrage sur leur terre. On a eu une rencontre avec le Conseil de bande de Kanesatake et eux aussi sont favorables à une assemblée publique avec le promoteur», a ajouté le maire Quevillon.

Le grand chef Serge Simon a confirmé que le Conseil de bande rencontrera la population de Kanesatake ce jeudi et que ce n’est que vendredi qu’il décidera de sa position officielle.

Acceptabilité sociale

Même s’il est confiant que les arguments scientifiques soumis séduiront la population, Michel Gaucher affirme que le projet n’aura pas lieu si la population le rejette.

«Il faut que les gens comprennent et se fassent une tête là-dessus. On a développé une étude de faisabilité détaillée qui explique le potentiel tout à fait acceptable du projet, sans mettre à risque les ressources en eau et l’évaporation du radon. Mais si la population n’en veut pas, on va se retirer», a-t-il indiqué.

Plusieurs projets avortés

La mine Saint-Laurence Columbium a été en exploitation de 1961 à 1977, mais ses activités avaient grandement diminué à compter de 1971.

Durant les années 2000, la firme Niocan a tenté, en vain, d’obtenir un certificat d’autorisation environnementale pour relancer la mine Saint-Laurence Columbium. Niocan promettait de décontaminer le site, tout en exploitant quatre kilomètres plus au nord une nouvelle mine souterraine ultra moderne.

Un référendum tenu par la municipalité d’Oka avait mis du plomb dans l’aile au projet, alors que 63 % de la population okoise s’y était opposée. De plus, un rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement portant spécifiquement sur la question de l’eau avait présenté de nombreux risques pour les entreprises maraîchères et pomicoles, qui sont très présentes dans cette partie du territoire d’Oka.

Le site a été cédé à la municipalité d’Oka pour taxes impayées et est dorénavant zoné parc, puisque les galeries à ciel ouvert sont remplies d’eau et attirent toujours des baigneurs, malgré les risques. Un promoteur immobilier a lancé un projet résidentiel au sommet de la mine à la fin des années 1990. Une seule résidence y a été construite.

En juin 2011, la firme Augyva avait signé avec la municipalité d’Oka une entente d’exclusivité pour traiter les résidus de l’ancienne mine de la Saint-Laurence Colombium. Elle prévoyait construire une usine de 35 millions $ dans l’ouest de Montréal. L’entreprise laissait entendre que l’extraction des terres rares dans les résidus miniers pourrait créer jusqu’à 250 emplois sur une période de 20 ans. Le projet n’a jamais vu le jour.

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