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Quartier La Petite-Patrie

Une controverse linguistique créée par une pharmacie

Agence QMI

Facebook Olivier Lacelle

Un établissement Pharmaprix de La Petite-Patrie fait l’objet d’une controverse, alors qu’un résident du quartier a publié sur sa page Facebook la photo d’une lettre rédigée uniquement en anglais et envoyée chez les particuliers par la nouvelle pharmacienne pour se présenter.

Indigné, Olivier Lacelle, qui est également l’attaché politique de Mario Beaulieu, député du Bloc Québécois dans la circonscription montréalaise de La Pointe-de-L’Île, a voulu dénoncer un manque de sensibilité à l’égard d’un quartier majoritairement francophone.

La publication a été partagée plus de 200 fois et a été commentée à quelque 400 reprises.

À l'adresse de M. Beaulieu, deux lettres unilingues anglophones ont été envoyées, une pour lui et l’autre pour son colocataire. Il précise cependant ne pas s’attaquer à la personne, la pharmacienne et propriétaire, Maria Aparecida Sobrinho.

«Que ce soit elle ou la chaîne de magasins, qui a peu de sensibilité à l’égard de l’originalité de la culture francophone et québécoise, c’est un problème de méconnaissance de l’endroit où ils sont implantés», a-t-il dit.

L’unilinguisme anglophone ne forme que 2 % de la population de l’arrondissement Rosemont-Petite Patrie, soit 3000 sur 74 160 habitants, selon le dernier recensement de Statistique Canada.

Commentaires haineux

Ce sont surtout les réactions à un simple mécontentement exprimé sur son compte Facebook qui étonnent particulièrement Olivier Lacelle dans cette histoire. C’est ce déferlement de messages qu’il veut mettre en lumière, comme quoi la question linguistique au Canada est toujours source latente de tensions.

«J’ai reçu beaucoup d’appuis, mais aussi beaucoup de commentaires haineux, racistes et francophobes.» Que ce soit envers sa personne ou les Québécois, anglophones et francophones y ont mis leur grain de sel, certains disant qu’il s’en fait pour rien, d’autres traitant les Québécois de xénophobes, ignorants et de «frogs».

Une erreur

Celle qui est au coeur du débat a indiqué au «24 Heures» de contacter le siège social de la société Shoppers Drug Mart (en anglais), à Toronto, en précisant que c’est le département de marketing qui gère ce genre de lettre.

«La pharmacienne-propriétaire a fait parvenir des lettres personnalisées en français et en anglais à ses patients, explique par courriel Lana Gogas, porte-parole. La version anglaise de la lettre a malheureusement été envoyée par erreur à ce patient. La pharmacienne-propriétaire a tenté d’appeler le patient afin de lui transmettre ses excuses, sans succès. Elle est sincèrement désolée et tient à s’excuser.»

Loi 101

Le porte-parole de l’Office québécois de la langue française (OQLF), Jean-Pierre Le Blanc, estime que l’article 52 de la Charte québécoise de la langue française selon lequel «les catalogues, les brochures, les dépliants, les annuaires commerciaux et toute autre publication de même nature doivent être rédigés en français» s’applique à ce genre de situation. Autrement dit, la version française aurait dû être au verso de la page.

Cependant, M. Le Blanc ne peut se prononcer sur ce cas précis, à savoir s’il y a aura des actions posées à l’égard de la compagnie. «S’il y a une plainte, oui. Il y a des cas où l’on doit contacter une entreprise pour l’informer de la loi, s’il y a manquement ou un évènement. Dans la grande majorité des cas, cela se règle en collaborant.»

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