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La tutelle d'un homme en état végétatif confiée à sa femme

Agence France-Presse

La justice française a confié à la femme d'un homme en état végétatif, Vincent Lambert, la tutelle de son mari, hospitalisé depuis 2008 et dont le sort déchire sa famille, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Un juge des tutelles de Reims (est) a tranché en faveur de l'épouse de cet homme de 39 ans souffrant de lésions cérébrales irréversibles depuis un accident, qui se bat pour l'arrêt des soins prodigués à son mari.

Le 11 janvier 2014, le médecin chargé à l'époque de Vincent Lambert avait décidé de stopper l'alimentation et l'hydratation artificielles de son patient en l'accompagnant jusqu'à la mort par des soins palliatifs, mais les parents du jeune homme, des catholiques traditionalistes, s'y étaient opposés et avaient saisi la justice.

Après plusieurs épisodes judiciaires - dont la validation de l'arrêt des soins par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) - l'hôpital de Reims avait demandé la nomination d'une tutelle pour «déterminer un référent qui pourrait représenter légalement» le patient.

La décision du juge des tutelles «restaure la place de l'épouse», s'est félicité auprès de l'AFP Me Gérard Chemla, avocat de François Lambert, neveu de Vincent, lui aussi partisan de l'arrêt des traitements.

Dans son jugement, que l'AFP a pu consulter, le juge confie la tutelle à Rachel Lambert pour une durée de dix ans, et nomme «subrogé-tuteur» (une sorte de tuteur suppléant) une association familiale. Il se réfère aux expertises médicales établissant que «l'altération» des facultés de Vincent Lambert «n'apparaît manifestement pas susceptible de connaître une amélioration selon les données acquises de la science».

Lors de l'audience du 1er février, le procureur avait requis la désignation d'un tuteur extérieur à la famille, auquel seraient associés deux subrogés-tuteurs, dont Rachel Lambert.

«Ce n'est pas la bonne décision. Nous sommes dans un conflit familial intense où Rachel fait partie des procédures, elle n'est pas neutre bien qu'elle occupe une place légitime d'épouse», a réagi l'avocat des parents Me Jean Paillot. Il a évoqué la possibilité de faire appel de cette décision.

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