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Le Centre jeunesse de Laval n’est pas à blâmer, selon un rapport

Agence QMI

Le vérificateur indépendant chargé d’enquêter sur les fugues au Centre jeunesse de Laval refuse de blâmer la direction de l’établissement.

Dans un rapport rendu public mardi, André Lebon affirme que les règles et les procédures d’encadrement pour éviter les fugues ont été respectées et appliquées. «Il n’y a pas de coupables, pas de laxismes, pas de fautifs», écrit-il.

Selon lui, il est faux de prétendre que l’établissement lavallois est une «passoire» et qu’on y «fugue allègrement». Il a expliqué que les fugues au Québec étaient en hausse de façon générale. Il ne s’agirait donc pas d’un phénomène propre à Laval.

«Le CISSS de Laval, par sa concentration plus élevée de jeunes à risque puisqu’il dessert l’encadrement intensif et l’hébergement dynamique élevé de Montréal, pourrait être davantage touché. Or, il n’en est rien», note-t-il.

Plutôt que d’adresser des blâmes, le vérificateur insiste sur l’importance d’adapter la prévention des fugues aux réalités d’aujourd’hui. Il propose notamment d'instaurer des mesures de supervision intermédiaires, situées entre l’encadrement intensif et régulier, particulièrement lorsqu’il y a une problématique de fugue récurrente.

André Lebon suggère en outre d’améliorer la coordination et la concertation des différents intervenants impliqués: centres jeunesse, corps policiers, organismes communautaires, écoles, etc. Il ajoute que la prévention des fugues doit devenir une «priorité nationale».

M. Lebon avait été nommé par le gouvernement Couillard le mois dernier afin d’enquêter sur les nombreux cas de fugues d’adolescentes au Centre jeunesse de Laval.

Ses recommandations ont été accueillies favorablement par la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, qui a reconnu la nécessité d’adapter les pratiques d’encadrement des jeunes hébergés dans les centres jeunesse.

«Il faut que les services soient adaptés aux besoins d'aujourd'hui parce que la société évolue. Les jeunes aussi évoluent, leur situation évolue, il faut pouvoir adapter nos pratiques à leurs réalités», a-t-elle indiqué en conférence de presse.

L’opposition fustige les coupes libérales

Tout en saluant les recommandations contenues dans le rapport Lebon, le Parti québécois et Québec solidaire n’ont pas manqué de montrer du doigt les coupes effectuées par le gouvernement Couillard dans les ressources destinées à l’encadrement des jeunes.

«C'est un excellent rapport qui nous donne un éclairage important, de grande qualité, sur la situation à Laval, mais qui est absolument accablant pour l'action, ou l'inaction, ou la régression des actions du gouvernement libéral depuis deux ans», a déclaré le critique péquiste en matière de protection de la jeunesse, Jean-François Lisée.

La députée solidaire Manon Massé a pour sa part fait remarquer que les ministres Charlebois et Coiteux n’ont pas annoncé de budget supplémentaire pour mettre en œuvre les recommandations du rapport Lebon.

«Ce qu'ils disent, dans les faits, c'est: “Oui, oui, oui, voici ce qu'il faut faire, on va mettre les ressources, mais on ne mettra surtout pas une cenne de plus”, a-t-elle déploré. C'est problématique parce que les intervenants sur le terrain nous parlent du manque de ressources, surtout humaines, et une ressource humaine, ça se paie.»

Contrairement aux autres partis d’opposition, la Coalition avenir Québec s’est dite déçue du contenu du rapport, qui n’a pas abordé de front la problématique de l’exploitation sexuelle des jeunes fugueuses. Le deuxième groupe d’opposition a également reproché au vérificateur de s’être montré trop conciliant vis-à-vis du Centre jeunesse de Laval.

«Ce qui est troublant, là-dedans, c'est que finalement, tout va bien, les protocoles ont été suivis, il n'y a pratiquement pas de problème. Le vérificateur nous dit même que le Cendre jeunesse de Laval, ce n'est pas une passoire. Bien, ça, c'est prendre les parents (des fugueuses) pour des nouilles», a lancé la députée Nathalie Roy.

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