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Réfugiés syriens: une responsabilité parfois difficile à assumer

Les parrains qui doivent subvenir aux besoins des réfugiés syriens font face à tout un défi lorsqu’ils doublent ainsi la taille de la famille, des responsabilités et de leurs dépenses. Ils espèrent que les 750 000 $ de fonds privés, annoncés mercredi, permettront de les soulager.

«C’est un gros changement dans l’organisation de la vie de tous les jours et dans nos dépenses», confirme Nada Daoud, bien soulagée d’avoir sorti ses trois neveux des bombes.

Mais l’euphorie du 13 février dernier, alors que Danya, Yazan et Abdul Al Kabbaz foulaient pour la première fois le sol canadien, est derrière eux.

«Maintenant, il faut leur occuper l’esprit, faire des activités en attendant qu’ils intègrent des cours de langue, ajoute la résidente de La Prairie. Ils sont complètement dépendants, ne peuvent aller nulle part sans moi et on se retrouve à multiplier les dépenses en transport et dans la nourriture.»

Loin des bombes

Ces tracas du quotidien sont bien loin des risques que la fratrie encourait, il y a encore quelques semaines, à Damas.

«À cause des attaques à la bombe, c’était devenu trop risqué de se rendre à l’université», confie Danya, 22 ans.

«Je me souviendrai toujours des deux heures passées sous un bureau à l’école pendant une attaque», dit son petit frère Yazan.

Restés en Syrie, leurs parents n’envisagent pas venir au Canada, un deuil trop grand pour les sexagénaires.

«Venir ici ça signifie ne pas pouvoir retourner au pays, explique Danya. Pour eux, ce serait une autre forme d’emprisonnement.»

Près 1,3 million $ de fonds privés

C’est pour aider à subvenir aux besoins des groupes parrains et des 4411 réfugiés syriens installés dans le Grand Montréal depuis le 1er janvier 2015, que Fondations Communautaires du Canada a octroyé 750 000$, grâce à des fonds d’entreprises.

La mobilisation du secteur privé a réjoui le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum.

«Le gouvernement a déjà assez contribué, a-t-il dit. Il faut maintenir un certain équilibre et ne pas donner plus aux Syriens qu’aux Canadiens.»

Cette somme sera administrée par la Croix-Rouge canadienne et viendra s’ajouter aux 540 000 $ de dons dédiés aux réfugiés syriens du Québec.

Pas juste une question de logements

Si les représentants politiques insistent sur les besoins en logement, les organismes croient plutôt qu’il manque de ressources d’accompagnement.

«Les besoins sont dans l’intervention psychosociale, l’aide pour les démarches administratives et l’emploi», indique Anait Aleksanian, du Centre d’appui aux communautés immigrantes, qui a parrainé 800 réfugiés syriens.

Nada Daoud, elle, souhaite avant tout que ses neveux apprennent la langue, qu’ils intègrent l’université et se créent un cercle d’amis.

«Ils ne pourront pas vivre seuls avant un ou deux ans, ils ne sont pas prêts. Et de toute façon, en Syrie, on vit en famille jusqu’à notre mariage.»

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