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«Le milieu a besoin de vivre ce qui s’est passé» -Charles Binamé

Yan Lauzon 

 - Agence QMI

Tapis rouge du film Elephant Song.

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Membre du comité de sages créé par Québec Cinéma, Charles Binamé croit que l’industrie du septième art québécois a encore besoin de temps pour négocier avec les allégations de pédophilie portées à l’endroit du cinéaste québécois Claude Jutra, décédé en 1986.

«Le milieu a besoin de vivre ce qui s’est passé, de trouver un espace émotif dans lequel il peut vivre, accepter ce qui s’est passé et passer à autre chose de manière réfléchie, sans précipitation», a confié, mercredi matin, le réalisateur au micro d’Alain Gravel sur les ondes d’ICI Première.

Retour sur les événements

Dès le début, la première édition du Gala du cinéma québécois qui se tiendra dimanche, et dont l’animation a été confiée à Stéphane Bellavance et Pénélope McQuade, reviendra sur les événements concernant le réalisateur du film «Mon oncle Antoine». La façon choisie est par contre gardée secrète.

«Je ne peux vous révéler ce qui va se passer parce que je vous vendrais l’ouverture du gala, mais une réflexion profonde a été faite sur la façon d’aborder ça et comment le présenter au public, comment tenir compte des événements, tout en faisant office d’animateurs qui vont célébrer une fête du cinéma», a aussi dit Charles Binamé.

Ce dernier affirme toutefois ignorer si une place sera faite aux victimes de Claude Jutra, reconnaissant qu’il y aura «un deuil à faire» du gala des dernières années.

Adieu, Gala du cinéma québécois

En réponse à la controverse faisant rage autour de Claude Jutra, Québec Cinéma a annoncé, le 23 février dernier, que la 18e Soirée des Jutra allait plutôt porter le nom de Gala du cinéma québécois.

Une appellation temporaire, affirme Charles Binamé: «Dans les mois qui vont venir, un nouveau nom sera trouvé, qui tiendra compte des événements et de ce qu’il faudra faire pour l’avenir.»

«C’était un peu un secret de polichinelle» - Micheline Lanctôt

Associée au monde du cinéma depuis le début des années 1970, Micheline Lanctôt s’est dite peu surprise des allégations de pédophilie portées à l’endroit de Claude Jutra. «C’était un peu un secret de polichinelle.

Ça m’a surpris dans l’ampleur que ça (l’affaire) a pris», a confié l’actrice et réalisatrice à Isabelle Maréchal, ce mercredi matin, au 98,5 FM.

Les révélations faites dans les médias en février n’étaient donc pas nouvelles pour Micheline Lanctôt. «On savait qu’il était homosexuel et qu’il aimait les garçons plus jeunes. Bien sûr, on était plus tolérant dans les années 1970», a-t-elle ajouté.

Si la principale intéressée dit avoir connu Claude Jutra durant les années 1970, elle n’entretenait pas une relation avec le cinéaste.

Une œuvre et son créateur

En marge des décisions prises relativement à Claude Jutra et son héritage culturel, Micheline Lanctôt dit ne pas avoir de réponse quant à savoir si on peut ou non dissocier une œuvre de son auteur.

Par contre, elle voudrait laisser à toute création la possibilité d’être vue. «Je trouverais ça dommage qu’on se prive d’une grande œuvre d’art parce que son créateur n’est pas à la hauteur de l’image qu’on lui a donnée...», a-t-elle aussi laissé savoir.

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