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Un taux d'occupation préoccupant à l'hôpital de Saint-Eustache

TVA Nouvelles

Des employés de l’hôpital de Saint-Eustache, dans les Laurentides, sonnent l’alarme devant le taux d’occupation qui ne cesse de grimper depuis les derniers jours.

Dans une vidéo envoyée à TVA Nouvelles par un membre du personnel de l’urgence qui préfère rester anonyme, on peut constater que des dizaines de malades sont installés sur des civières disséminées dans tous les corridors du service.

Le taux d’occupation de l’urgence atteignait 222% mercredi après-midi. Seules 32 civières étaient disponibles dans le service pour les 71 patients qui en avaient besoin.

Des ambulances ont dû être détournées temporairement vers d’autres hôpitaux pour désengorger l’unité.

Jeudi matin, la situation s'était légèrement améliorée avec un taux de 153%.

«Ce niveau de taux d’occupation là, ça crée un climat de travail tendu», explique le directeur des services professionnels du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides, Alain Turcotte.

Si les maladies hivernales comme la grippe ou la gastro-entérite amènent de nombreux patients à l’urgence, le problème serait plus profond.

Entre 15 et 25% des lits d’hospitalisation de courte de durée seraient utilisés par des patients en attente de transfert vers des soins de longue durée ou d’évaluation, ce qui entraîne un «rebond» à l’urgence.

La direction de l’hôpital de Saint-Eustache a donc décidé ce mercredi de faire sortir une partie de cette clientèle pour revenir à une situation plus calme.

Mais ces transferts représentent un défi pour le CISSS qui gère un très grand territoire et qui doit obtenir le consentement des familles pour que leur malade soit placé à plusieurs dizaines de kilomètres de chez eux.

«À chaque fois que ces clientèles-là stagnent dans nos lits de courte durée, on a effectivement une conséquence, un rebond à l’urgence (...) Envoyer quelqu’un dans un lit très loin de sa famille, de son aidant naturel, ce n’est pas toujours faisable», dit M. Turcotte.

Face à cette situation particulière, neuf des 31 chirurgies prévues jeudi ont dû être annulées même si les salles d’opération sont disponibles et opérationnelles.

La direction de l’hôpital précise cependant qu’aucune chirurgie liée au cancer ou autre maladie grave n’a été déplacée.

Invité à réagir, le ministère de la Santé et des Services sociaux a indiqué que le CISSS avait pris des mesures pour diminuer le nombre de personnes sur les civières en mettant à profit d’autres établissements de la région.

«La réorganisation du réseau suite au projet de loi 10 n’est en aucun cas la cause de cette montée du taux d’occupation», a tenu à préciser la porte-parole du ministère, Julie White.

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