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Arrestations de l’UPAC : commotion à l’Assemblée nationale

Agence QMI

Le premier ministre Philippe Couillard assure que les pratiques qui ont mené à l’arrestation des anciens ministres Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté n’ont plus cours au Parti libéral du Québec (PLQ).

«Le parti que je dirige actuellement a une pratique exemplaire en financement politique», a réagi M. Couillard, jeudi matin, à son arrivée à l’Assemblée nationale.

«On vit dans un contexte totalement différent de nos jours avec de nouveaux modes de financement qui changent pour le mieux la réalité de la politique au Québec et il faut se réjouir de ça collectivement», a-t-il dit.

Philippe Couillard a soutenu que la création de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), la mise sur pied de la commission Charbonneau ainsi que l’abaissement des limites du financement politique à 100 $ témoignaient d’une évolution dans les façons de faire de la politique au Québec.

La classe politique sous le choc

L’arrestation des anciens ministres libéraux Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté par des enquêteurs de l’UPAC, jeudi matin, a créé une véritable commotion à l’Assemblée nationale.

Visiblement mal à l’aise, les députés et les ministres libéraux ont refusé de répondre aux questions des journalistes avant de s’engouffrer dans la salle où se réunit quotidiennement le caucus libéral.

Seul le ministre de la Sécurité publique et des Affaires municipales, Martin Coiteux, a pris le temps de s’adresser aux médias. Il a rappelé que l’UPAC avait été créée en 2011 afin d’enquêter sur les cas allégués de corruption et de collusion.

«Ce qui est important de se rappeler, c’est qu’il n’y a absolument personne qui est au-dessus de la loi et que l’UPAC doit et fait son travail de manière totalement indépendante», a indiqué le ministre.

L’opposition salue le travail de l’UPAC

Tout en se montrant préoccupés par les accusations de fraude, d’abus de confiance et de corruption qui pèsent contre les deux ex-ministres et d’anciens membres influents du PLQ, les partis d’opposition ont accueilli avec satisfaction les arrestations effectuées par l’UPAC.

«Ça rassure, il y a au moins des suites à la commission Charbonneau qui a été excessivement décevante dans ses conclusions à cause de la dissidence (du commissaire Renaud Lachance), a réagi la députée péquiste Véronique Hivon. Ce qui me satisfait, c'est que personne n'est au-dessus des lois, y compris l'ex-première ministre du Québec.»

La députée de la CAQ Nathalie Roy s’est quant à elle dite préoccupée par les arrestations effectuées par l’UPAC «auprès de la grande famille libérale».

«L'UPAC fait son travail. J'ai hâte de voir [...] si on aura plus de détails, si des accusations seront portées, quels seront les chefs d'accusation. Personne n'est au-dessus des lois», a-t-elle déclaré.

Son collègue François Bonnardel, qui a déjà été en couple avec Nathalie Normandeau, était quant à lui secoué par l’arrestation de son ancienne partenaire.

«[Je suis] sous le choc. Ce sont des accusations extrêmement graves ce matin, c’est préoccupant», a brièvement commenté M. Bonnardel.

La porte-parole parlementaire de Québec solidaire, Françoise David, a exhorté le premier ministre Philippe Couillard de s’assurer que les pratiques de financement politiques illégales sont terminées au Parti libéral. Elle a exigé que les sommes qui ont été versées ou acquises de manière frauduleuse soient remboursées intégralement.

Mme David a également insisté pour que le chef du gouvernement mette en place les recommandations de la commission Charbonneau.

«On s'attend à de l'action de la part du gouvernement du Québec. C'est bien le moins qu'il puisse nous donner, lui qui appartient à un parti, le Parti libéral du Québec, qui, de toute évidence, j'espère que plus personne n'en doute, a trempé dans la corruption et dans la collusion», a déclaré la députée de Gouin.

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