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L'opposition tire à boulets rouges sur le gouvernement

Régys Caron

 - Agence QMI

Les partis d'opposition tirent à boulets rouges sur le Parti libéral du Québec (PLQ) et le gouvernement Couillard en réaction aux arrestations, jeudi, de deux ex-ministres libéraux et de leurs subalternes en lien avec le financement du PLQ.

Les élus péquistes ont sommé les libéraux de s'expliquer sur les manœuvres de financement qui avaient cours à l'époque du gouvernement Charest, soit entre 2003 et 2012. À leur avis, l'UPAC a découvert qu'il existait un système de financement politique en échange de contrats du gouvernement au niveau de la vice-première ministre du gouvernement, Nathalie Normandeau.

«On parle d'accusations graves de complot, d'abus de confiance, de fraude envers le gouvernement, de corruption de fonctionnaires. La vice-première ministre qui corrompt ses fonctionnaires», s'est insurgé le député péquiste Pascal Bérubé.

La dissidence exprimée par Renaud Lachance dans le rapport de la commission Charbonneau vient de voler en éclat, estime sa collègue Agnès Maltais. M. Lachance soutenait, dans le rapport, que le lien entre le financement des partis politiques et l'attribution de contrats du gouvernement n'avait pas été démontré.

«Les accusations démontrent un lien entre le financement du Parti libéral et les contrats du gouvernement. L'UPAC a trouvé un système libéral de financement politique en échange de contrats [...] au plus haut niveau d'un gouvernement pendant des années. C'est très grave [...] Philippe Couillard doit cesser de balayer ces choses sous le tapis», a semoncé Mme Maltais.

Au sujet de l'ex-attaché politique de Pauline Marois dans la circonscription de Charlevoix, Ernest Murray, arrêté lui aussi par l'UPAC, les députés péquistes croient que son influence n'était pas la même que celles que pouvaient exercer Mme Normandeau et les membres de son cabinet.

«S'il a commis des gestes illégaux, qu'il soit sanctionné», a dit Mme Maltais.

 

Le PLQ doit rembourser, dit Québec solidaire

«Le premier ministre Philippe Couillard ne s'en tirera pas à si bon compte, a prévenu la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David. Il soit s'engager à rembourser intégralement les sommes qui ont été amassées frauduleusement par le Parti libéral du Québec, pour la période sur laquelle la commission Charbonneau a enquêté.»

Mme David a signalé que plusieurs membres du gouvernement Couillard siégeaient au gouvernement libéral de Jean Charest pendant cette période investiguée par la commission Charbonneau et qu’ils avaient des cibles de financement à atteindre.

«Les ministres devaient amasser 100 000 $ chacun, c'est beaucoup d'argent [...] Le gouvernement Couillard tente d'enterrer le rapport de la commission Charbonneau. Il doit s'engager à en appliquer toutes les recommandations», a réclamé Françoise David.

La Coalition avenir Québec demande aussi au Parti libéral de rembourser «l'argent perçu illégalement».

«Si cet argent a été perçu illégalement, payer à l'avance et rembourser, ce serait poser un geste de bonne foi», a suggéré la députée Nathalie Roy, qui a pris soin de préciser que les personnes arrêtées étaient présumées innocentes.

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