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Test réalité pour l'émission J.E.

Une ado au motel avec un homme trois fois son âge

TVA Nouvelles

Une adolescente de 15 ans peut-elle acheter un paquet de cigarettes? Non. Peut-elle acheter une bouteille de vin à la SAQ? Non plus. Pourtant cette même adolescente peut louer une chambre de motel et y recevoir un homme trois fois plus vieux qu'elle sans être importunée par qui que ce soit.

C'est ce que prouve un test réalité mené par l'émission J.E. qui revient sur les fugues d'adolescentes observées depuis la mi-janvier à Montréal et à Laval.

J.E. a constaté que ni les employés à la réception des motels ni les propriétaires n'interviennent malgré le jeune âge de la comédienne embauchée par l'émission. C'est que la loi ne les y oblige pas. Pas plus qu'elle ne les force à dénoncer un client.

Prostitution

Plusieurs adolescentes qui fuguent des centres jeunesse se retrouvent aux mains des proxénètes. Elles deviennent danseuses nues, masseuses ou elles finissent par se prostituer. Une situation qui peut durer des mois, voire des années.

Les jeunes prostituées rapportent gros à leur proxénète. Jusqu'à 1000$ par jour. Elles sont parfois retenues contre leur gré, droguées et intoxiquées par l'alcool.

Que fait la police?

Les policiers de Laval connaissent bien le phénomène des proxénètes de gangs de rue qui font travailler des adolescentes.

Pour l'année 2015 seulement, 33 filles en fugue du Centre jeunesse de Laval ont été exploitées sexuellement.

Alain Meilleur, inspecteur aux crimes majeurs de la police de Laval, affirme que ses policiers connaissent les motels où il peut y avoir de la prostitution. Lorsqu'ils font des interventions, c'est pour sortir les prostituées juvéniles de là, pas pour arrêter les propriétaires des motels ni les clients.

En fait, la police de Laval n'a arrêté aucun client depuis près d'un an et demi.

Pendant ce temps, dans la région de Toronto, les policiers sont plus agressifs dans la chasse aux hommes qui exploitent sexuellement des adolescentes. En quatre jours, au début du mois de novembre dernier, la police régionale de York a arrêté 22 clients.

Pour la criminologue spécialisée dans les gangs de rue, Maria Mourani, malgré qu'il y a une loi au Canada qui permet d'arrêter les clients, celle-ci semble peu utilisée. «Je n'ai pas entendu de grandes arrestations de clients. Ça ne demande pas de ressources, ça demande d'appliquer la loi», a-t-elle dit.

L'inspecteur Alain Meilleur promet que les choses vont changer. Que ses policiers préparent une offensive contre les clients de prostituées juvéniles.

L'émission J.E. est présentée le dimanche à 17h30 sur les ondes de TVA.

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