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Cri du cœur de Peter Simons : « Il faut que le gouvernement intervienne! »

Sébastien St-Jean / Agence QMI

Il a beau investir massivement dans la brique et le mortier, Peter Simons, le PDG de Simons, est inquiet pour l’avenir du commerce de détail et, plus généralement, pour celui de la société : «Il y a une urgence ! Le gouvernement doit agir !»

Il déplore un manque à gagner de 137 millions $ de taxes non perçues lors des achats transfrontaliers sur Internet, plus de 40 millions $ lors d’achats faits ailleurs au pays. Et ce n’est qu’un début.

Cette injustice, selon Peter Simons, appauvrit la société tout entière : qui dit moins de taxes dit moins d’argent pour les routes, les écoles, les hôpitaux.

De plus, des règles inéquitables entre les commerçants qui, comme lui, ont pignon sur rue et payent leurs taxes et leurs impôts, et les autres, qui font fi des règles existantes, aggravent la situation. « Le rôle du gouvernement, c’est d’assurer une équité », plaide Peter Simons.

Ça va faire mal

L’homme d’affaires de Québec, l’un des plus respectés de son milieu, a tenu ces propos mardi matin à titre de conférencier au Sommet annuel organisé par le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD).

L’impact du commerce électronique était sur toutes les lèvres.

«On n’a encore rien vu de la révolution technologique», croit Peter Simons.

Si le gouvernement attend avant de légiférer, les dommages seront énormes : «Des magasins vont fermer. Et on finance nos services grâce à ces taxes. On ne peut pas avoir de telles fuites fiscales. Ça ne tient pas debout.»

Peter Simons estime que si le gouvernement ne règle pas le problème, ce seront les citoyens. «Il y aura un conflit, une révolution sociale.»

4 000 $ d’impôts pour Google...

Peter Simons se dit technophile, mais il croit que la société, «obnubilée par la technologie», doit prendre du recul : «On n’a pas besoin de se mettre à quatre pattes devant la technologie. Elle est là pour servir, pour améliorer la qualité de vie de tout le monde.»

À tous de payer leurs taxes et leurs impôts, martèle-t-il : «À tous d’avoir les mêmes règles.»

Récemment, on apprenait que le géant Google avait payé 4 000 $ d’impôts en Angleterre. « Je vais sacrer !, s’exclame Peter Simons. Ça n’a aucun sens ! C’est moins que le pauvre travailleur à petit salaire. J’ai passé un été à Londres à travailler dans un McDo et j’ai payé 2 000 $ d’impôts. Réveillez-vous ! Il faut arrêter ça ! On ne peut pas continuer comme ça. On ne peut pas briser les règles sans qu’il n’y ait des conséquences. On a besoin de prendre nos responsabilités pour notre société, notre civilisation. »

Encore des briques et du mortier

Le PDG de Simons sent la pression au sein même de son organisation, qui compte 3 000 employés.

Mais il veut continuer d’investir dans la brique et le mortier.

Après l’ouverture, vendredi, de son magasin en banlieue de Toronto, il poursuit son expansion canadienne, avec cinq autres en construction.

« Je crois qu’il n’y a pas de contradiction entre commerce électronique et physique», conclut-il. «Le même consommateur utilise les deux façons d’acheter. Elles sont complémentaires.»

Les chiffres du commerce de détail au Québec

0,9% de croissance des ventes en 2015

3,9% de croissance si on exclut l’essence

Des revenus de 109 milliards $

13,5 milliards $ en taxes perçues

+6% de ventes pour les pharmacies, les concessionnaires, les boutiques d’accessoires et de vêtements

Un dollar sur trois passe par le commerce de détail

La province compte 25 000 petits détaillants

 

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