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Carnage signé État islamique à Bruxelles

Agence France-Presse

Bruxelles a été secouée mardi matin par plusieurs attentats terroristes revendiqués par le groupe armé État islamique, avec de puissantes explosions à l'aéroport international, dont l'une due « probablement » à un kamikaze, et dans le métro qui ont fait au moins 34 morts et 202 blessés puis paralysé la capitale belge.

Quatorze personnes sont mortes et 96 ont été blessées dans les attentats contre l'aéroport international de Bruxelles, a indiqué à l'AFP un porte-parole des pompiers, précisant que ce bilan est toujours provisoire.

Le groupe armé État islamique (EI), qui contrôle une partie de la Syrie et de l'Irak, est responsable des attentats, a indiqué une agence en ligne liée au groupe.

«Des combattants de l'État islamique ont mené une série d'attentats à l'aide de ceintures et d'engins explosifs mardi, prenant pour cible un aéroport et une station de métro dans le centre de la capitale belge Bruxelles, un pays participant à la coalition internationale contre l'État islamique», a affirmé l'agence de presse Aamaq.

Selon le maire de Bruxelles, Yvan Mayeur, «probablement une vingtaine de personnes» sont par ailleurs décédées et 106 blessées dans l'attentat contre une rame de métro à la station de Maelbeek, dans le quartier européen de la capitale belge.

«Les travaux de reconnaissance sont très difficiles», a expliqué le porte-parole des pompiers, Pierre Meys, en donnant lui un bilan provisoire de 72 blessés et «une quinzaine de morts» dans le métro.

Une ceinture d’explosifs intacte a été retrouvée à l’aéroport de Bruxelles, selon la chaîne de télévision VTM. Une arme de type Kalachnikov a été retrouvée aux côtés de l’un des terroristes morts à l’intérieur de l’aéroport de Bruxelles.

Ces attaques ont déclenché un relèvement de l'alerte antiterroriste à son niveau maximal, une fermeture jusqu'à nouvel ordre de l'aéroport international de Bruxelles et un renforcement de la sécurité dans des aéroports à Londres, Paris, Francfort et Copenhague, alors que l'Europe est la cible d'une vague d'attentats terroristes particulièrement meurtriers.

Le trafic du métro a également été suspendu à Bruxelles, siège de l'Union européenne et de l'OTAN.

Ces attentats interviennent quatre jours après la capture spectaculaire de Salah Abdeslam, un Français d'origine marocaine, seul survivant du commando auteur des attentats jihadistes du 13 novembre à Paris (130 morts), à Molenbeek, commune bruxelloise.

Tôt mardi matin, deux explosions puissantes ont frappé l'aéroport de Bruxelles-Zavantem de Bruxelles, « dont l'une (a été) probablement provoquée par un kamikaze », a déclaré mardi le procureur fédéral belge, Frédéric Van Leeuw.

Moins d'une heure plus tard, une explosion a eu lieu dans une station de métro du quartier européen à Bruxelles, à 300 mètres de la Commission européenne, a annoncé la Stib, société exploitante du réseau.

Une photo diffusée par la chaîne publique RTBF montrait une rame de métro éventrée, sièges déchiquetés, et parois calcinées, à la station frappée en pleine heure de pointe.

« Nous redoutions un attentat et c'est arrivé », a réagi le premier ministre Charles Michel après ces attentats « aveugles, violents et lâches » en évoquant « un moment noir pour ce pays ».

Vers 8 h, heure locale, des tirs ont d'abord été entendus dans le hall des départs de l'aéroport international, avant qu'une personne ne lance des cris en arabe et que deux explosions retentissent, ont indiqué plusieurs témoins à l'AFP et à l'agence de presse Belga.

C'était « une panique générale » et « beaucoup de personnes ont perdu des jambes », a déclaré à l'AFP un témoin qui se trouvait à cinq mètres de l'explosion qui a provoqué des panaches de fumée au-dessus de l'aérogare.

« Un monsieur a crié en arabe. Il a crié quelques mots et j'ai entendu une grosse déflagration », a témoigné Alphonse Lyoura, un employé de la sécurité des bagages.

« J'ai aidé au moins six-sept blessés. On a sorti cinq corps qui ne bougeaient plus », a-t-il précisé.

Cheryl Miller, passagère en provenance de New York, a dit à l'AFP qu'elle était dans une file d'attente quand « il y a eu une énorme explosion et beaucoup de secousses. La poussière tombait des conduits d'aération. Les gens couraient, nous avons tous couru pour nous protéger. »

Selon un témoin cité par la radio publique francophone RTBF, les explosions ont eu lieu près d'une porte d'embarquement vers les États-Unis, fauchant un grand nombre de personnes et « beaucoup de gens (avaient) du sang sur eux ».

L'alerte antiterroriste est passée pour l'ensemble de la Belgique à son niveau maximal, le niveau 4, a annoncé un porte-parole du ministre de l'Intérieur Jan Jambon.

L'aéroport de Bruxelles a été fermé « jusqu'à nouvel ordre », a confirmé sur son site internet Eurocontrol, l'organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne. Le trafic du métro a été suspendu de même que le trafic des trains Thalys avec la France.

Certains avions déjà en vol ont été déroutés. Cinq vols internationaux à destination de Bruxelles ont été déroutés vers des aéroports français, a-t-on appris auprès de la Direction générale de l'aviation civile française (DGAC).

Police et armée ont renforcé la sécurité des centrales nucléaires en Belgique, a annoncé Belga, et face à la menace de saturation du réseau de communications mobile, la population a été appelée à éviter les appels non urgents.

Les attentats de Bruxelles ont créé une onde de choc ailleurs en Europe.

La sécurité a été rapidement renforcée dans les aéroports de Londres-Gatwick, Paris Charles-de-Gaulle, Francfort et Copenhague.

En France, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé un déploiement supplémentaire de 1 600 policiers et gendarmes. La sécurité a été renforcée autour des institutions européennes à Strasbourg (est de la France).

Au Royaume-Uni, la police britannique a renforcé sa présence « dans les endroits névralgiques », « dont les transports, pour protéger la population », a déclaré le chef de la section antiterroriste de la police, Mark Rowley.

« C'est toute l'Europe qui est frappée », a déclaré le président français François Hollande, après une réunion d'urgence, tandis que son premier ministre Manuel Valls demandait une « mobilisation de tous les instants » dans « la guerre » contre le terrorisme.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a condamné « les attaques terroristes » à Bruxelles, tandis qu'à Berlin, le ministre de la Justice Heiko Maas évoquait « un jour noir pour l'Europe ».

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