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La dette grimpe, mais sans exagération

Pierre-Olivier Fortin | Agence QMI

Si le gouvernement Trudeau poursuit sur sa lancée, la dette bondira de 114 milliards $ et atteindra 733 milliards $ dans cinq ans.

Avant de crier à la catastrophe, plusieurs économistes estiment toutefois qu’il faut mettre cette dette en perspective et la comparer avec la richesse du pays. L’économiste principal de la Banque Nationale, Paul-André Pinsonnault, fait remarquer que le produit intérieur brut (PIB) grandit lui aussi et que, par conséquent, le poids de la dette reste assez stable. Il pourrait même diminuer légèrement d’ici cinq ans.

Le Canada, avec un ratio de 38 % (incluant les dettes des provinces), fait même partie des bons élèves dans le monde, selon le Fonds monétaire international. En comparaison, l’Allemagne a un ratio d’endettement de 48 %, les États-Unis, de 80 %, et la Grèce, de 194 %.

«Ce n’est pas un problème au Canada», analyse M. Pinsonnault. Au début des années 1990, le service de la dette accaparait 38 % du budget fédéral. Il y a une dizaine d’années, c’était 14 %. Aujourd’hui, entre 9 et 10 %.

En faisant des déficits, le ministre des Finances Bill Morneau soutient qu’il espère créer de la richesse et, de cette façon, atteindre l’équilibre dans un horizon de cinq ans.

Toutefois, certains en appellent à la prudence. «On n’est pas en récession», oppose le PDG du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval.

«S’il n’est normal, dit-il, de faire des déficits quand la croissance est dans le rouge, en autre temps, il faut faire attention.» Et surtout, poursuit-il, «ça prend un plan de retour à l’équilibre», un moment qui n’est pas indiqué dans les documents budgétaires présentés mardi.

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