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Un salaire minimum à 15 $, réclame Alexandre Taillefer

Sébastien St-Jean / Agence QMI

Le salaire minimum devrait être haussé à 15 $ l’heure, réclame l’entrepreneur Alexandre Taillefer.

L’associé principal chez XPND capital était conférencier mardi matin au Sommet annuel du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD).

Des travailleurs mieux rémunérés vont consommer davantage dans les commerces locaux et tout le monde y sera gagnant, croit celui qui se définit comme un «socialiste».

«Ce sont des propos très constructifs, mais ça ne tient pas la route pour certains secteurs du commerce de détail», a réagi l’un des participants à la conférence, Patrice Despars, président des Entreprises Jacques Despars, qui possèdent notamment des salons de coiffure. «Pour les industries à faible marge, comme l’alimentation, un tel salaire serait difficile. Couche-Tard ne survivrait pas !»

Départ canon pour Téo

Avec 50 voitures en circulation, Alexandre Taillefer a confié à TVA que son nouveau service de taxis électriques Téo connaît un départ canon : «Je ne me souviens pas d’une nouvelle marque qui a connu autant de succès si rapidement. On est très content.»

Plusieurs doutaient de la capacité de voitures électriques à faire face aux hivers québécois. «On a prouvé que ce n’était pas le cas», a déclaré l’entrepreneur.

Par ailleurs, les chauffeurs salariés de Téo «reprennent goût à la vie», dit-il. «Ils sont très heureux de pouvoir travailler 40 heures par semaine», et non pas 80 heures afin de s’assurer un revenu convenable.

«On renouvelle un modèle d’affaires et ça, c’est de la vraie innovation», ajoute Alexandre Taillefer. «On n’est pas qu’une plateforme technologique.»

Le promoteur est ambitieux pour Téo. «On va augmenter le nombre de taxis à Montréal, et on a déjà annoncé qu’on s’installe à Québec. Mais on regarde aussi d’autres gros marchés, que ce soit ailleurs au Canada ou dans le monde. Le modèle qu’on a développé est différent, unique, et on pense qu’il peut fonctionner partout.»

Tout comme Uber, Téo veut moduler ses prix selon l’offre et la demande. «Et croyez-moi, il ne manquera plus de taxis le 31 décembre !»

Se battre à armes égales

L’homme d’affaires s’insurge, comme Peter Simons à la même tribune du CQCD, contre les acteurs de la nouvelle économie — Uber, notamment — qui ne paient pas ce qu’ils doivent à l’impôt : «On a l’obligation de se battre à armes égales. Les détaillants locaux suffoquent.»

Si Uber payait ses taxes et ses permis, ses prix seraient nettement moins compétitifs, croit Alexandre Taillefer. «Je suis confiant que le gouvernement du Québec va les obliger à respecter la réglementation en vigueur.»

Alexandre Taillefer se réjouit par ailleurs que Revenu Québec ait réclamé à un couple de rembourser plus de 30 000 $ en TPS et TVQ ainsi que 30 000 $ pour des revenus de location évalués à 200 000 $ en 2014. «Lorsqu’on parle de revenus pareils, on est loin de l’économie de partage», dit-il.

C’est un enjeu collectif, conclut-il : «On ne survivra pas comme société si on laisse faire ça.»

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