/regional/montreal/montreal

Aidez Catherine à ne pas devenir aveugle

Pour faire un don à Catherine Guimond, visitez sa page YouCaring

Apprendre qu'on deviendra aveugle n'est sans doute jamais facile à accepter, mais quand on a à peine 22 ans et qu'on a toute la vie devant soi, c'est sans doute encore plus difficile de s'imaginer plonger dans l'obscurité pour le reste de ses jours.

C'est pourtant la réalité à laquelle est confrontée Catherine Guimond qui a appris il y a deux mois qu'elle risque de perdre la vue et qui sollicite aujourd'hui des dons pour recevoir un traitement à Cuba. C'est d'ailleurs l'une des premières choses que l'on remarque en rencontrant celle qui étudie à l'Université de Montréal et qui rêve de devenir vétérinaire: ses yeux exceptionnels d'un bleu pétillant.

Or, la jeune femme a reçu un diagnostic de rétinite pigmentaire, une maladie génétique qui s'attaque lentement aux cellules de la rétine et pour laquelle il n'existe aucun traitement au Canada. La maladie affecte d'abord la vision nocturne, puis le champ de vision se rétrécit jusqu'à la cécité.

«J'ai réalisé que je ne voyais plus bien dans le noir», raconte la jeune femme qui a compris que quelque chose n'allait pas lorsqu'elle a heurté un arbre en marchant parce qu'elle ne l'avait tout simplement pas vu.

«Comme mon champ de vision se rétrécit, je vois moins en bas et sur les côtés, donc des fois je me cogne...»

Remise en question

Après plusieurs rendez-vous et des mois d'attente, le verdict est finalement tombé: rétinite pigmentaire.

«Quand mon médecin m'a annoncé la nouvelle, il m'a dit qu'il n'y avait aucune solution», affirme Catherine, qui admet avoir eu de la difficulté à encaisser le coup.

De combien de temps dispose-t-elle? Rien n'est certain. «On ne peut pas prédire comment la maladie va évoluer. Il y a des gens pour qui ça se dégrade rapidement et d'autres moins», explique-t-elle.

«Ça a été un choc et une remise en question parce que je suis étudiante. Si on me dit que dans 15 ans je vais être aveugle, est-ce que ça sert vraiment à quelque chose ce que je fais en ce moment? Est-ce que je devrais plutôt voyager pendant que je peux voir le monde?»

Seule solution

Devant cette fatalité, Catherine s'accroche à ce qui est selon elle la seule solution: un traitement à Cuba au coût de milliers de dollars qui ne guérirait pas sa maladie, mais qui pourrait en stopper la progression.

«À Cuba, depuis une quinzaine d'années, il y a un traitement qui ne guérit pas, mais qui permet de mettre fin à la mort des cellules oculaires», explique Alain Leclerc, président de Services santé international (SSI), une agence québécoise qui assure la liaison avec des cliniques de La Havane.

Le coût du traitement: 8500$ US, soit l'équivalent de plus de 11 000$ CAD, en plus de divers frais. Les spécialistes cubains recommandent ensuite une visite annuelle pendant au moins deux ans à 3500$ US (4600$ CAD) chacune.

SSI dit envoyer deux ou trois clients par mois à Cuba pour traiter la rétinite pigmentaire et, selon Alain Leclerc, le taux de succès est de 92%; une statistique qui encourage Catherine Guimond.

«Je me suis dit que j'allais essayer quelque chose plutôt que de rester à ne rien faire», lance-t-elle.

Le corps médical québécois, lui, refuse de se prononcer sur le traitement, le jugeant trop «vague». «Ce n’est pas approuvé par les associations médicales de partout dans le monde, sauf à Cuba», nous a répondu Dre Cynthia Qian, ophtalmologiste.

«Je veux continuer de m'éblouir»

Pour y arriver, la jeune femme a lancé une campagne de financement sur le site YouCaring dont l'objectif est de 27 000$. «Je veux me battre contre cette maladie, je ne peux simplement pas vivre en me disant qu’un jour je serai aveugle. Je veux continuer de m’éblouir devant les nombreuses merveilles de la nature, je veux continuer de voir la couleur éclatante des fruits, je veux continuer de voir les étoiles et continuer à voir ma famille et tous ceux que j’aime», a-t-elle écrit.

Une semaine plus tard, 200 personnes ont fait plus de 16 000$ en dons; un résultat inattendu.

«Je suis étudiante et je voulais rester focalisée sur mes études. Je me suis dit que si les gens étaient touchés par mon histoire, ils allaient vouloir donner et je suis vraiment surprise. C'est super! Les gens sont vraiment généreux et je les remercie.»

Tout ce que souhaite Catherine, c'est continuer sa vie normalement, en se laissant émerveiller par la beauté du monde et elle n'est pas prête à laisser tomber.

«Qui veut accepter de devenir aveugle? Moi, c'est non», lâche-t-elle.

Dans la même catégorie