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Une économie «verte» ne peut se faire sans création d’emplois

Denise Proulx | Argent et avec l'Agence-France Presse

La ministre canadienne de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna

Agence QMI

La ministre canadienne de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna

Le gouvernement du Canada est déterminé plus que jamais à décarboniser l'économie du pays même si plusieurs solutions pour y parvenir n'existent pas encore, a déclaré mardi la ministre canadienne de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna.

La ministre a cependant reconnu que l’économie verte ne peut se faire sans créer de l'emploi.

Conférencière invitée à un déjeuner-causerie du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), la ministre a reconnu que la démarche est difficile et qu’elle exigera une période de transition probablement plus longue que prévu.  

Pour que cette nouvelle économie soutienne les emplois, Catherine McKenna a lancé un appel bien senti à l’engagement des chefs d’entreprises, chercheurs, environnementalistes et élus tant municipaux que provinciaux : «C’est le plus grand défi de notre génération».

Des milliards $ en investissement

Devant une salle comble (environ 500 personnes), Catherine McKenna a rappelé que le budget 2016 a été réfléchi en fonction d’atteindre ses objectifs.

Ainsi, quelque 3,4 milliards $ seront investis d’ici trois ans pour améliorer les infrastructures de transport en commun. Des sommes importantes serviront également à l’installation de station de ravitaillement en hydrogène, gaz naturel et à l’installation de bornes de recharge de véhicules électriques.

Un autre tranche de 5 milliards $ sera versée, durant une période de cinq ans, pour l’installation d’infrastructures vertes dans les communautés, soit l’amélioration des systèmes d’eau potable et d’eau usée, la construction éco-énergétique et l’efficacité énergétique.

Une somme de 2,3 milliards $ est réservée à la construction durable.

La ministre a réitéré l'engagement du gouvernement libéral à mettre fin aux subventions des énergies fossiles, sans toutefois préciser de calendrier : «Au gouvernement, on dit qu'on va arrêter les subventions (aux producteurs d'hydrocarbures), on va le faire et je travaille avec le ministre des Finances pour faire ça».

Selon les estimations de médias canadiens, le gouvernement fédéral subventionne à hauteur d'un milliard $ chaque année l'industrie pétrolière et gazière qui bénéficie, en outre, du soutien financier de plusieurs provinces.

«Nous avons besoin d’une vision commune. Nous travaillerons avec les provinces, les territoires et les autres pays, dont les États-Unis. Un État ne peut pas résoudre à lui seul les changements climatiques. C’est pourquoi notre gouvernement collaborera étroitement avec la communauté internationale pour créer une économie intelligente», a conclu Catherine McKenna.

Cinquième producteur mondial d'hydrocarbures

Avec ses vastes gisements de sables bitumineux de l'Ouest du pays, le Canada est classé cinquième producteur mondial d'hydrocarbures de la planète. Et malgré l'effondrement des cours du brut depuis bientôt deux ans, la production canadienne devrait continuer à croître dans les prochaines années, selon une récente étude de l'Office national de l'Énergie (ONE, une agence fédérale).

L'ONE prévoit en effet que la production canadienne de pétrole oscillera entre 6 et 7 millions de barils par jour (Mb/j) d'ici 2040, contre 3,87 Mb/j en 2015.

Diverses études scientifiques estiment que les changements climatiques pourraient causer des pertes économiques s’élevant entre 8 et 12 milliards $ au cours de la prochaine décennie.

Considéré comme l’une des provinces les plus actives pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, le Québec n’en peine pas moins à atteindre ses objectifs. Les émissions de gaz à effet de serre du Québec ont atteint 81,2 millions de tonnes en 2013, en recul de 0,12 % par rapport à 2012, indique un rapport du ministère québécois de l’Environnement préparé selon les normes du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), l’Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre en 2013 et leur évolution depuis 1990.

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