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Ce qu’il reste de nos restaurants

Martine Turenne | Argent

Agence QMI

Après la vente de St-Hubert aujourd’hui, la question que tous se posent est : qui sera la prochaine cible d’un acheteur ?

«Je sais qu’il y en a une qui se fait regarder en ce moment», avance Jordan Lebel, professeur de marketing alimentaire à l’école de gestion John-Molson de l’Université Concordia.

Il a hâte de voir ce que fera la chaîne La Cage aux Sports, qui vient d’effectuer un repositionnement. «Et je ne suis pas sûr pour Scores... Un des restaurants de la chaîne vient de fermer près de Concordia.»

Pacini fait de gros efforts, estime-t-il. «On verra si le consommateur suit», laisse tomber Jordan Lebel.

41 chaînes québécoises dans le palmarès canadien

Avant sa vente au géant ontarien Cara, St-Hubert était la première chaîne de restaurants québécoise au pays. Avec 384 millions $ de ventes en 2013, cela la plaçait seulement à la 13e position au palmarès 2014 des 200 plus importantes chaînes présentes au pays, compilé par Technomic.

Sa moyenne de ventes par restaurant (St-Hubert en compte 115) était aussi la plus élevée au Québec: 3,340 millions $. Ce qui la place troisième au Canada, derrière The Keg Steakhouse (aussi propriété de Cara) et Earls Kitchen.

En tout, 41 chaînes de restaurants québécoises font partie du top 200 des chaînes présentes au pays, soit 20,5 % du total. Notons que le palmarès comprend de nombreuses chaînes internationales, comme McDonald’s, Subway ou Starbucks.

C’est Tim Hortons qui est numéro un au pays.

Après St-Hubert, Cora est la deuxième chaîne en importance au Québec (28e au Canada), suivi de Scores, La Cage aux Sports, Trattoria Di Mikes et Bâton Rouge.

Les mets asiatiques ont la cote

Deux chaînes québécoises spécialisées dans les mets asiatiques ont le vent dans les voiles : Thaï Express (8e au Québec), a connu une variation de plus de 20 % du nombre de ses établissements, et de 32,5 % de ses ventes.

De son côté, Thaïzone (22e au Québec) connaît une expansion spectaculaire, avec 50 % de plus d’établissements et des hausses de près de 40 % de ses ventes.

Cuisine italienne et grecque en recul

À l’inverse, les chaînes québécoises proposant des mets grecs ou italiens connaissent des années difficiles : la pire chute est celle de la bannière Au Vieux Duluth (-18,8 %), ce qui se reflète dans ses ventes (-15,5 %).

Même phénomène pour Mikes Trattoria (-8,4%) et Pizza Delight (-4,2%).

«La chaîne Mikes est à la dérive, observe Jordan Lebel. Leur concept n’est pas clair, ils sont passés des sous-marins aux pâtes. Le consommateur ne s’y retrouve pas.»

Dans un autre genre culinaire, La crémière est aussi en net recul (-17,3 %).