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Le Québec est devenu une économie de succursales, dénonce l’opposition

Louis Gagné | Agence QMI

La vente des Rôtisseries St-Hubert à des intérêts ontariens démontre une fois de plus que le Québec est en train de se transformer en une économie de succursales, ont dénoncé les partis d’opposition jeudi.

«Ce n’est pas une bonne nouvelle. Ça envoie le message à ceux et celles qui sont intéressés à nos entreprises que le gouvernement libéral de Philippe Couillard n’est pas prêt à protéger nos entreprises», a réagi le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, sur les ondes de LCN.

Le chef péquiste a soutenu que le Québec s’était donné les outils nécessaires pour empêcher que des fleurons québécois ne passent entre des mains étrangères. Il a cité en exemples la Caisse de dépôt et placement, Investissement Québec et les fonds de travailleurs.

«Il y a énormément de capital dorénavant à Montréal. On est capable de faire ce qu’on appelle un LBO, un “leveraged buyout” ou un “management buyout”, a-t-il dit. On est capable de regrouper le capital, ici au Québec, pour racheter nos entreprises, et c’est le rôle de la Caisse de dépôt parce que sa mission, c’est également de participer au développement économique du Québec.»

Selon Pierre Karl Péladeau, le gouvernement Couillard envoie le message que «le Québec est à vendre».

Le Québec recule

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a indiqué pour sa part que la vente de St-Hubert à l’Ontarienne Cara représentait un retour en arrière.

«Un des plus grands gains de la Révolution tranquille, ç'a été de reprendre le contrôle de notre économie, de passer d’une économie de succursales à une économie de propriétaires. Or, ce qu’on voit depuis quelques années, c’est qu’on est en train de revenir en arrière puis de redevenir une économie de succursales», a-t-il déploré en marge d’un point de presse à Gatineau, en Outaouais.

François Legault a proposé qu’Investissement Québec fasse une «veille» auprès des propriétaires des fleurons québécois restants afin de s’assurer que ceux qui souhaitent vendre essayent de trouver des acquéreurs au Québec.

Pas un «scénario idéal»

La ministre de l’Économie, Dominique Anglade, a reconnu que la vente de St-Hubert à des intérêts extérieurs ne représentait pas un «scénario idéal». Elle a expliqué que des discussions avaient eu lieu entre Investissement Québec et la direction de St-Hubert au cours des derniers mois afin de trouver une «alternative intéressante».

«Le président de Saint-Hubert, Jean-Pierre Léger, a décidé d’aller avec une autre option qui est sur la table. On n’a pas nécessairement eu la chance de déposer une contre-offre. Ç'a été une décision du président», a déclaré la ministre à LCN.

Dominique Anglade a soutenu qu’il était faux de prétendre que le Québec est à vendre. Elle a indiqué que depuis 2010, les entreprises étrangères acquises par des Québécois dépassaient en valeur et en nombre la vente de fleurons québécois à des intérêts extérieurs.

«On peut s’autoflageller souvent, mais la réalité, c’est que nous sommes plus des prédateurs que nous sommes des proies», a-t-elle fait valoir.

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